4 déc. 2008

Der Baader Meinhof Complex ou le cinéma complexé.


Culturellement ces derniers temps je me suis surtout concentré sur la musique. Je peux peut-être changer un peu de registre... D'ailleurs j'ai vu un film allemand il n'y a pas si longtemps qui est aussi sorti de votre côté du Rhin, belle occasion que voilà.

Film historique donc, Der Baader Meinhof Complex s'intéresse à l'histoire de la RAF, Fraction Armée Rouge, qui a commit quelques assassinats et quelques actes terroristes durant les années 70. Moment important d'une Allemagne de l'ouest qui se reconstruisait à partir de 68 et qui finalement se préparait en douceur à regarder vers l’avenir... J'ai déjà mentionné cette relation spéciale qu'entretenait le Krautrock avec l'après 68. Andreas Baader, Ulrike Meinhof et les autres membres de la RAF entretenaient de la même façon une relation complexe avec 1968. Pour certains d'entre eux cela fut la prise de conscience de leur capacité politique, de leur refus de la société, pour d'autres juste une confirmation de la justesse de leur combat. L'apaisement qui suivit les dures répressions de ces événements a été vécu comme une trahison à "la lutte". Se retrouvant en minorité, même à gauche, ils décidèrent d'entrer dans l'action armée, dans la clandestinité. La RAF naissait et elle allait devenir l'effigie de tout ce que contre quoi luttait la RFA. Même si leurs actes furent violents, la répression et l'acharnement sur ses membres furent presque disproportionnés.
Sujet brûlant donc, car assez récent, remettant en cause autant une gauche problématique de l'époque (concevoir qu'un groupe isolé d'un individu a les moyens de fissurer un état moderne et durablement installé...Se dire du peuple tout en s’en coupant pour les besoins de l’illégalité), avec une réaction gouvernementale qui flirte sérieusement avec le criminel, avec toute la conception de la réaction "hors système" Guantamo et le Patriot Act ne sont pas bien loin, ainsi que toute la réflexion du vingtième siècle sur le terrorisme et les moyens dont dispose l'Etat.
Je connaissais déjà la question puisque j'ai lu un livre produit à partir d'une thèse d'histoire sur la ce groupe terroriste. Du point des vues des faits, cette adaptation d'un roman, pour ce que j'en sais, est globalement correcte. Ce ne sera pas suffisant pour des néophytes, de nombreux événements importants sont survolés et ne jouent qu'un rôle symbolique, qu'un insert à l'histoire, mais on peut estimer que le film remplit son cahier des charges.

C'est bien la seule chose dont on peut le créditer. Car d'un point de vue du "cinéma", il y a comme qui dirait un problème. Je n'ai pas de définition restrictive du cinéma, je ne suis pas du genre à me lever, taper du poing sur la table en décriant "ceci n'est pas un film". Du coup je ne sors que très rarement d'une salle de cinéma pendant une projection (cela a du arriver deux fois sur les 400 derniers films...) au péril de m'imposer des horreurs (et il y en a eu...). Pourtant devant ce Der Baader Meinhof Complex j'ai le même genre de difficultés qu'en face d'un Sin City. Je ne vois pas en quoi le film apporte quoi que ce soit comparé au support d'origine, la bande dessinée dans le cas de Sin City. Le livre que j'ai lu contenait tout ce film et bien plus. Il n'y a pas de "valeur ajouté" ici. A la vérité il n'y a pas grand chose, pas d'atmosphère, pas de personnages (on est indifférent au devenir de tous), pas d’engagements de la part du réalisateur, pas de thèses, pas de critiques sociales, pas d'enjeux esthétiques. Toutes les questions autour de l'extrémisme, du terrorisme, de l'oppression d'état, des moyens de s'exprimer et de croire en un monde meilleur, sont laissés sur l'autel de la lâcheté. Car oui, ce film sans idées est d'une profonde lâcheté. Il veut plaire à tout le monde dans un conformisme quasi Hollywoodien alors que son thème ne s'y prête pas. Comme pour V pour Vendetta (Quel horreur ce fut...) il y a une incompréhension entre un fond virulent, qui interloque et qui est palpitant dans ses contradictions et une forme qui a la sinistrose. Ce film n'ose strictement rien. Un bon reportage aurait été infiniment plus expressif et aurait pu ouvrir d'autres perspectives.

Certes il ne fallait pas forcément s’attendre à quelque chose d’incroyable, c'est le film gros budget avec la "dream team" allemande, tous les gens déjà présents dans La Chute. Cependant il y avait matière à espérer, La Chute laissait une impression d'inachevée qui restait globalement positive. On aurait pu espérer que ce film se concentre sur son intéressant huit-clos tout en paranoïa plutôt que de tenter de maladroites et d'inutiles sorties à l'extérieur du bunker. Cependant il y avait ce corps, celui d'Hitler, et cet espace, le bunker, dans lesquels quelque chose pouvait se jouer, s'incarner. On ne retrouve rien de semblable sur la « Bande à Baader » qui permette de supporter ces presque 2 heures 30 d'aléas qui ne semble plus nous concerner.

C'est bien le film international Allemand d'une Allemagne polie et civilisée dans tout ce qu'elle a d'énervant avec ce vernis historique sur ce qu'elle est devenue. On pourrait presque le mettre en parallèle avec notre Bienvenue chez les Ch'tis, véhicule du "Vive la France terroir". Sauf que là où Bienvenue chez les Ch'tis fut une surprise incompréhensible (enfin pour moi) ce Der Baader Meinhof Complex est un objet froid visant simplement à servir de carte de visite pour le public international. Dans les deux cas cela n'est heureusement pas représentatif de la production cinématographique des pays respectifs.

A oublier vite.

2 déc. 2008

J'ai besoin d'internet

Cela fait depuis vendredi que nous n’avons plus Internet à la maison. Je trouve des solutions annexes, se connecter à la bibliothèque, rendre visite à Noëlle, à l’appartement de Warschauer Straße…mais ce n’est pas suffisant. J’ai un article sous le coude, mais bloqué dans mon second ordinateur resté à la maison. J’ai besoin de ma dose et je ne l’ai pas. Non pas que je sois dépendant d’Internet, une telle dépendance dans les faits d’existe pas, mais là c’est la galère. Si je décidais de vivre ailleurs, à la montagne, dans une île déserte, ou si je me faisais un voyage dans une région qui nécessite de se couper du monde, de la forêt sud-américaine au G20 Corse, je le ferai avec plaisir. Mais pas ici, pas dans cette vie. Tout mon univers, culturel, universitaire, en partie personnel, tourne autour de la notion de l’information. La musique, le cinéma, la philosophie, l’histoire, tout cela est informations. Et le meilleur vecteur d’informations qui existent, la meilleure invention depuis la Roue (pour le moment) cela reste Internet.
Avec quelques bonnes habitudes Internet c’est le monde de la découverte et de la redécouverte. Boulimique de l’information je suis.

Rendez-moi mon réseau !

27 nov. 2008

Squarepusher - Live à Berlin


Squarepusher c’est l’un de ces héros de l’IDM (Nom horrible : Intelligence Dance Music) des années 90 avec Autechre et Aphex Twin. Electro sale, faite de grésillements, de ruptures, de cacophonie folle et furieuse. Je les ai tous beaucoup écouté et quand j’ai vu que Squarepusher passait à Berlin je me suis rué sur l’occasion. Ce qui est d’ailleurs étonnant, à Paris, il y a mille groupes à voir chaque semaine et finalement je n’en profite que rarement. Ici j'essaye de plus me faire violence (qui plus est c’est moins chère ici…).

Donc Squarepusher jouait et il jouait au Volksbühne à Rosa-Luxemburg Platz. Gros bâtiment qui m’avait toujours intrigué je me demandais comment c’était à l’intérieur. C’est plus une grosse salle de spectacle/théâtre qu’autre chose, j’étais un peu inquiet pour le rendu du concert. De ce côté il s’est avéré que c’était parfait, les groupes jouaient sur la scène mais dans le fond de la scène car elle jouait le rôle de fosse d’une salle de concert normale. On pouvait donc soit profiter des sièges de la grande salle, soit s’engouffrer sur les planches pour voir les choses de plus près.

En arrivant avec mon ami Australien, Nick, j’étais vraiment excité par ce concert. Tout commença très bien avec un groupe bruitiste allemand au doux nom de Moha ! Deux bonhommes. Un à la guitare et l’autre à la batterie, les deux avec une ribambelle d’effets électroniques. Cela faisait trembler les murs et même si c’était un peu cliché du groupe allemand (Sec métronome et furieux) ce fut une réussite live.

Une bonne demi-heure plus tard, à 22h45 tapante (pas de retard, chose presque impossible en France..) Squarepusher commençait ! J’allais enfin le voir se déchaîner avec sa basse !

J’ai été salement déçu.

C’est dur mais c’est là où on voit tout le chemin parcouru. Je pensais que Squarepusher tenait encore la route, qu’il n’était pas qu’un simple artefact des années 90, mais ce fut navrant. Pour commencer, malgré le lieu, malgré l’ambiance dans la salle, l’installation scénique n’était pas terrible. Deux écrans de Leds sur les côtés et un derrière balançant des jeux de lumières sans aucune cohérence, sans aucune imagination ou intérêt. Cela faisait penser à du sous sous Daft Punk ce qui n’est franchement pas glorieux. Musicalement Les deux premiers morceaux étaient anecdotiques. Le troisième, Hello Meow, je l’adore, et je reprenais un instant confiance. Un très court instant. Car après un batteur faisait son apparition sur scène derrière Tom Jenkinson (de son vrai nom) et s’acharnait sur l’instrument pendant que Tom jouait de sa basse.

Une demi-heure d’ennui. Les deux nous faisaient du stupide Guitar Hero. Il n’y avait aucune saveur, c’était une sorte de vulgate Rock n’roll alors que j’attendais de Squarepusher de la transgression et non un acharnement instrumental par-dessus des piètres boucles électroniques. La salle swinguait un peu, il est vrai, le public présent était bon et diversifié, mais moi je me demandais ce que je foutais là. 20 € pour cela. J’en arrivais à me demander si Squarepusher n’avait pas sorti un album que j’aurai manqué depuis le convenu mais bon Hello Everything, d’autant que ces derniers temps je ne suis plus vraiment au courant de l’actualité des disques. Magie du net je sais depuis qu’il a bien sorti un disque Just a Souvenir que je prendrais pas la peine de télécharger, d’écouter ou encore moins d’acheter. D'ailleurs je ne vous file pas de liens.
Ce disque doit correspondre à ces deux tiers de concert chiant à mourir. Surtout que le Tom avait l’air de s’ennuyer. Oh, il était content de sa prestation mais il semblait juste là pour assurer le minimum syndical. Tout sur des roulettes. Le batteur s’absentait un moment et cela redevenait un peu plus intéressant, plus "Squarepusher". Des sons sur de multiples étages, des ruptures, des reprises, des ralentissements inattendus, des envolées contrôlées et hypnotiques. Si le dernier quart de ce concert bien long (enfin seulement 1h30 mais subjectivement long...) sauvait les quelques meubles encore sauvables, j’en garderai cependant un souvenir bien fade.
Les Moha ! au moins m’avait interloqué....
Reste la magie de la place….génial...

Au moment où j’écris ces lignes, je tombe sur un article de la blogothèque qui abonde malheureusement dans mon sens. La vidéo disponible du concert à Paris pourrait être celle de Berlin tant c’est identique. Vous pouvez donc constater à quel point c’était banal et ennuyeux. Les seules véritables différences que j’ai avec ce journaliste, DJ Barney, c’est que je suis resté jusqu’au bout (quand on paye cela aide) et surtout que je n’ai pas vu Ryoji Ikeda deux jours plus tard.

Ryoji Ikeda. Merde. J’adore cet artiste. Je l’avais vu il y a trois ans à la Maison de la Radio et cela avait été une immense claque ….

…Vivement qu’il vienne à Berlin.

Liars!

J'inaugure encore une nouvelle catégorie sur mon blog, « histoire d’albums produits en Allemagne ». On pourrait aussi l'appeler la catégorie « tricherie » car il s’agit de parler de disque qui me tiennent à cœur mais qui ne sont pas crées par des autochtones même s’ils ont une histoire avec ce pays. Pour inaugurer cela, petit tour d'horizon d'un groupe que j'admire : Liars.


En 2002-2003 j'ai écouté énormément d'albums. Je lisais beaucoup d’articles sur le net pour trouver vers quoi jeter mon dévolu. Je me souviens d'un article de Chronicart qui survolait les deux groupes de Rock américain dont la carrière commençait et décollait. D'un côté on avait le coup de maître revival cold wave : Interpol. L'album était grandiose, parfaitement construit et pensée, il s’incarnait avec cette sobre pochette tout de noir et rouge. vêtue Bourrés de tubes en puissances -ou n’y avait-il que cela ?- on pouvait l'écouter inlassablement. Je me souviens de son achat et des si nombreuses fois que je l’ai plongé dans ma chaîne hi-fi. Par la suite je n'ai malheureusement jamais retrouvé dans leurs autres disques ce frisson original. De l'autre côté on avait la face obscure de New York : Sombre, punk, maladive. C'était des californiens qui s'étaient trouvés dans Big Apple pour construire leur univers. Les Liars donc.


Si lutte il y avait, elle était quelque part inégale, Interpol se faisait propulser en France par France Inter (The Black EP) et se retrouvait directement dans les festivals et dans les discothèques des amoureux de Rock. Liars pendant ce temps offrait un voyage d’une courte intensité, avec ces voix venues d’on ne sait où, ces cliquetis électroniques (The Garden Was Crowded And Outside) et une fin d'album aussi facile qu'inaccessible. Une boucle sur prêt d’une demi-heure. Personnellement, surtout pour un premier album, j'y voyais un morceau de bravoure aussi simpliste qu'endiablant. Cette boucle ainsi que tout l’album They Threw Us All In A Trench And Stuck A Monument On Top venait s’installer avec ces voix lointaines et presque incompréhensibles dans mes messes noires musicales... Non pas que l’album était extraordinaire, loin s’en faut, mais il dégageait quelque chose de puissant, d’intriguant. Ce n’était pas un album de chevet comme pouvait l’être celui d’Interpol mais il donnait profondément envie de voir ce que cela pouvait donner dans l'avenir.

Deux ans plus tard : second album. Plus discret, plus difficile d'accès, plus électronique, plus répétitif, plus maladif aussi. Il était surtout plus punk, moins dans les décibels que dans l'intransigeance des menteurs. Ce They Were Wrong So We Drowned aux titres étranges agressait l’auditeur. C’était par excellence l’album anti-radio. Mais pour peu qu’on dépasse nos tendances à la facilité il y avait là quelque chose de dément, quelque chose d’insaisissable et de quasi mystique. Entre le rock jouissif et syncopé de They Don't Want Your Corn They Want Your Kids ou la conclusion (Flow My Tears the Spider Said) qui vagabondait entre une comptine de cirque et des chants d’oiseaux il y avait matière à expérimenter l’éternelle retour. Le tout était d’ailleurs inspiré par un voyage dans les montagnes du Harz (en Allemagne vous voyez j’y arrive).
Je continuais de les surveiller attentivement…

Et en 2006 le coup de foudre, le coup de maître survint. Et il venait de Berlin.

Comme le dit si bien Maxence Grugier, chez les Liars, il est surtout question de géolocalisation extrême et on peut peut-être penser que l’apport de la production allemande, celle des filiations à la Kosmiche Musik a permit aux Liars de trouver là l’équilibre parfait, la force magistrale d’offrir un putain d’album.
Autant le dire maintenant, il y a deux groupes de gens, ceux insensibles totalement à cet album, qui ne comprennent pas le possible engouement autour et ceux qui adhèrent complètement. Devinez dans quel groupe je me place…

Les premiers morceaux marquent le changement. La batterie est sèche mais limpide. La voix a quitté les profondeurs pour s’élever doucement, les paroles en sont d’autant plus reconnaissables. La musique, quant à elle, hypnose. Elle nous fait rentrer dans un tourbillon d’éther sous le rythme des cieux. A Visit From Drum est à ce titre là exemplaire. La voix circule pendant que la batterie se fait presque militaire. L’album se montre assez diversifié mais parfaitement homogène laissant place à toute la palette des Liars, Drum and the Uncomfortable Can étant le morceau le plus énergique, le plus « Post-Punk ». Quelque part on trouve ici toute une modernité du Rock. Dans le rock actuel, je conçois deux manières d’approcher une « modernité ». Il y a d’un côté les hybrides, les mutants. Ceux qui parasitent, qui conquièrent d’autres territoires comme LCD Soundsystem ou Battles. Et il y a ceux qui donnent l’impression d’être parfaitement présent, presque neuf ou intemporel -délicat à dire- tout en cultivant de très nombreuses filiations. Ce Drum’s Not Dead fait partie des ces disques touchés par cette grâce. Grâce qui se confirme dans le dernier morceau : The Other Side of Mt. Heart Attack. Celui-ci pourrait très bien être diffusés sur toutes les Radios (c’est-à-dire seulement Nova en France…). Délicat, touchant, on a là une sorte de pop-song parfaite, une ballade superbe qui transfigure totalement la manière dont on pouvait percevoir les Liars. C’est la plus belle des conclusions pour ce que certains -peut-être le groupe ? je n’en sais rien- ont appelés de ce terme détestable qu’est« concept album ». Dans tous les cas, et à la différence de ces majestueux aînés, cet album s’écoute non stop, et cela fait bien deux ans que je l’absorbe régulièrement…


Pour leur dernier album, il y a quelque chose qui me surprend. Je n’ai pas forcément lu de nombreux articles dessus mais il y a une comparaison que je n’ai jamais croisée, même dans le très bon papier de Maxence Grugier que j’ai déjà cité. C’est le parallèle -peut-être trop facile ? Dans ce cas j’y sombre- entre The Other Side of Mt. Heart Attack et le premier morceau de ce nouveau disque : Plaster Casts of Everything. Dans le dernier morceau de Drum’s Not Dead ces paroles étaient répétées et répétées :

I won’t run far.
I can always be found.
If you need me,
I can always be found.
If you want me to stay, I will stay by your side.

Comme je l’ai dit, on avait là une sorte de pop-song mélancolique parfaite. Le dernier album, sobrement intitulé Liars, s’annonce plus virulent, plus rock. Et justement, le premier morceau est sinistre et sauvage. J’ai presque envie de le qualifier de Lynchien dans ce qu’il dégage. Etant toujours Berlinois, il rappelle qu’on est dans la ville des Beautiful Freaks mais aussi dans le pays de la musique indus, dans le pays d’adoption du Punk et de toutes les tendances du Métal (dont les pires..). Ce morceau est donc aux antipodes de The Other Side. Et ses paroles justement…

I wanna run away
I wanna bring you too

I wanna run away
I wanna bring you too




On passe ainsi d’une fuite, d’un renoncement sentimental même si ce n’est pas un abandon à un déplacement volontaire dans lequel on veut entraîner autrui. On passe de l’éther au magma. Tout devient ainsi furieux et le décrochage à 2m40 est tout bonnement génial, on a envie de se laisser emporter par ces slaves d’énergie pure… Je ne préfère même pas imaginer en concert… Surtout quand le morceau qui suit, Houseclouds, est groovy à souhait. Liars se montre ici, plus libéré avec un plaisir de jouer simplement, de produire des morceaux sans forcément chercher plus loin. Cela donne naissance à de très bonnes chansons comme Cycle Time et l’album se construit ainsi autour d’un mélange de psychédélisme (Pure Unevil) de Ballades étranges et de morceaux crées par des enfants démoniaques adeptes du combo guitare/batterie.

Bien entendu à la première écoute, j’ai été déçu. Après Drum’s not dead, je n’aurai pas pu être satisfait de toute façon. Mais Liars continue son chemin, continue de se réinventer autour de ses fondamentaux. Quant à moi, je continue d’avoir hâte.

On verra bien ce que donnera le cinquième album de ces Californiens/New-Yorkais/Berlinois.

25 nov. 2008

My Room, My Man.

Bon après mes trois semaines avec Vahide, je suis donc retourné dans mon ancien quartier, Friedrischshain pour loger « définitivement » au 76 Richard-Sorge Str. avec un Turc prénommé Engin qui est fort agréable même si on ne partage pas forcément énormément de choses.

Ma chambre fait 15m² et n’était pas meublée quand je suis arrivé. Autant dire qu’il a fallu trouver des solutions économiques et rapides.

J’ai profité de quelques sites d’occasions pour trouver un lit et un sofa à des prix attractifs, 70€ le lit et 20€ le sofa. J’ai du louer une voiture malheureusement pour les chercher, 60€ tout de même à rajouter donc le tout pour 140 150 € (l’essence…). Hormis une petite table Ikea je n’ai pas investis plus en mobiliers pour le moment car je ne roule pas foncièrement sur l’or et ce n’est pas une urgence, même si un petit tapis, une étagère, et une table seraient fort utiles.
Heureusement qu’Engin m’a aidé pour récupérer les meubles car sinon je n’aurai rien pu faire. Le lit est incroyablement grand, trop peut-être, autant dire que la première fois que je l’ai monté j’étais un peu dépité. Il me semblait moche, il était fragile et grand grand (1m80 de large). De plus le sofa, malgré une forme sympathique était vraiment horrible avec ses carreaux même si pour cela j’avais mon idée. Comme je n’ai pas l’habitude d’avoir des dépenses aussi importantes j’en venais presque à regretter ce qui me semblait une très bonne affaire sur le coup. Heureusement, le week end d’après venait ma mère, ma sœur, et mon beau-frère. Ils m’ont bien aidés, rideaux, draps, house de couette et réparation du lit, j’ai retrouvé le sourire vis-à-vis de cela, j’en suis même à profiter pleinement de la place dont je dispose pour dormir.

Si on rajoute les ampoules pour aller dans le lit (fufu), des objets de décorations qu’ils m’ont ramenés ou offerts (ainsi que Marie le week-end d’après) et une photo de 1945 de la porte de porte de Brandenbourg en cinq posters que j’ai acheté à la Berlinische Galerie, cela commence à ressembler à quelque chose.

J’avais vraiment besoin de meubles car en trois semaines j’ai déjà logé d’une nuit à 10 jours près de 4 personnes…sans que cela dérange mon colocataire…on peut dire qu’il est cool.

Du coup je commence à bien me sentir chez moi, j’apprécie d’avoir un point d’attache, un lieu que je peux décorer, rendre confortable et où je peux me reposer. Il faudrait aussi que je puisse y bosser, mais là syndrome « chez moi » rend la chose délicate…on verra avec un bureau.

Pour conclure: Avant, Après.

24 nov. 2008

21 novembre, l’hiver en avance.

Tout le monde m’avait prévenu, je m’y attendais, je n’ai donc pas été surpris. Il s’est mis à neiger un peu vendredi matin quand j'étais en cours d'allemand, puis pas mal durant les nuits de vendredi et de samedi. Et il commence à faire sacrément froid. Si je le savais donc, on ne peut pas dire que je me suis préparé. Il va falloir que je m’achète des gants de toute urgence, et que je retrouve quelques vêtements plus chauds car hier j’étais proche de la congélation quand je suis allé à me promener dans Penzlauer Berg pour profiter de ce manteau blanc.

En tout cas quand l’automne est arrivé j’avais peur de regretter l’été qui était superbe à Berlin. Mais cette ville en automne se transfigure totalement. Comme il y a des arbres partout tout devient orange, rouge, des milliers de feuilles mortes s’amoncèlent dans la rue sans qu’elles soient automatiquement retirées. C’était beau.

Du coup, j’ai commencé à me dire que je n’avais pas envie de voir l’hiver pointer le bout de son nez. Et voilà, encore une fois je suis tout chamboulé. Si techniquement ce n’est pas encore la « morte » saison, ces premiers flocons viennent me rassurer, ce sera une belle période et bien différente de la précédente. Vivement décembre ? Il faut croire.

Sinon quelques photos prises dimanche :
Vue nocturne et diurne de la fenêtre de ma chambre.
Le stade de Prenzlauer Berg, une deuxième fois, et autour autour en mode 2001 l'odyssée de l'enfance

23 nov. 2008

Humboldt.

Depuis que je suis à Berlin je n'ai pas vraiment communiqué sur mes cours. Pourtant cela fait maintenant depuis plus d'un mois qu'ils ont commencé.

Tout d'abord mon emploi du temps. Le lundi c'est jour du seigneur (celui de la récupération des week-ends épicés) donc point de cours. Ma tradition parisienne voulait que j'oblitère tous cours affichant une heure matinale le lundi, j'ai poussé le vice jusqu'au soir.

Le mardi c'est allemand, 8h30-12 au sprachenzentrum comme au bon vieux temps des colon...du mois de septembre.
L'après midi, quartier libre pour préparer les cours du mardi, flâner, ou plus typiquement ne rien faire.
Pour le mercredi, premier vrai jour de cours à Humboldt, j'ai 6 heures de cours. Deux cours sur Carl Schmitt dans le bâtiment historique, de 12h à 14h et de 16h à 18h. Ces deux cours ont la particularité d'être en allemand, particularité qui rend le suivi plutôt complexe, voir improbable pour le moment. Cela ne m'empêche pas d'y être présent.

Entre les deux j'ai cours dans un bâtiment moderne, juste derrière. Cours en anglais sur l'émergence de la Conscience. Intéressant et compréhensible donc toujours bon à prendre.

Le jeudi j'ai deux autres cours, un dans la rue Invalidenstrss. un peu au nord, et un autre à Humboldt. Un en anglais sur la connaissance, travail sur le mot « Know », et un autre encore sur Carl Schmitt, encore en allemand, encore en mode "j'essaye de comprendre".

Pour clôturer ma semaine de manière équilibrer, retour au Sprachenzentrum le vendredi pour un peu moins de 6h de cours (8h30-14h).


Humboldt.

La batiment historique d’Humboldt se trouve dans la grande rue de Berlin « Unter den Linden ». C’est un palais du XVIIIeme siècle, renommé par le nom de l'explorateur au XIXeme. Honnêtement je ne suis pas vraiment perdu, la fac s'organise globalement comme Paris 1, avec un centre principal et de multiples centres annexes autour. Pour pousser le vice encore plus loin on peut remarquer que la philosophie et l'histoire occupe globalement les mêmes positions qu’à la Sorbonne, c'est-à-dire une aile du bâtiment historique et plus particulièrement le deuxième et troisième étage.

Il y a de nombreux détails par contre qui change la vie, ou la complique. Par exemple, les cours sont toujours sur deux heures, mais en fait c'est 1h30. Tous les cours à Humboldt commence à et quart et finisse à moins le quart. Mon cours de 14h à 16h dure en fait de 14h15 à 15h45. C'est tout bête mais c'est bien plus pratique pour changer de cours et savoir précisément quand ils commencent.

Par contre leur système de cantine est moins efficace. Si les prix affichés ne sont pas très dispendieux et que le système à carte semble plutôt fonctionnel, on paye chaque plat séparément. Il n'y a pas de menu dans les deux Mensa que j'ai vu. Pour un véritable repas, ce que personne ne fait du coup, cela revient plus chère que le Crous. Too Bad.

Humboldt étant plus "ouvert" que nos bonnes vieilles facs, on constate aussi la présence d'un bar, d'un restaurant et d'une boutique de fringue à l'effigie de la fac…

L'organisation du réseau internet est plus fonctionnelle. Ils utilisent un site, Moddle HU, où les profs mettent à disposition pour chaque cours les textes qu'il faut lire. Néanmoins comme à la Sorbonne, pour utiliser le réseau wifi il faut préalablement...aller sur internet. A Paris pour utiliser internet il faut installer un programme disponible seulement sur le net. Du coup si on ne l'a pas téléchargé à la maison, ce n'est pas possible. Ici, il faut juste un mot de passe et un login, le programme se lance du net. Pour s'inscrire il existe au moins quelques bornes dans l'entrée de la fac ce qui fait que globalement c'est plus pratique.

D'ailleurs les allemands ont un sens du pratique bien plus évolués que nous pour toutes ces choses simples. Ils ne s'embarrassent pas toujours de toutes nos solutions alambiquées. J’y reviendrai…

Pour finir ce tour d'horizon le dernier point est le master de philosophie.
En France il y a quelques cours à valider et un mini mémoire (60 - 100 pages) à écrire. Ici cela diffère beaucoup dans le principe. Le master est pensé sur les deux années, le dernier semestre étant consacré à la rédaction du mémoire. Chaque étudiant doit valider 5 modules sur les trois premiers semestres. Chaque module doit comprendre deux cours correspondants à des Tds, et un séminaire général. Un module dure un semestre et l'élève doit rendre une disserte d'une vingtaine de pages par module. Donc en gros les deux premiers semestres c'est deux modules par semestre soit 12h par semaine (deux fois 3 cours). Pour toute l'année l'élève écrit donc 80-100 pages.

Finalement c'est assez proche tout en étant pensé différemment à ce qu’on connaît en France. J'aurais d'ailleurs du mal à trancher sur ce qui est le plus cohérent et le plus difficile : un mini mémoire ou 4 gros essais. Les essais demandent des recherches plus diversifiées et un travail plus régulier, puisqu’il faut en rendre 2 à chaque fin de semestre. En même temps passer de 20 pages sur un sujet à 80 pages ne demandent pas d'avoir 4 fois plus de sources mais beaucoup plus. On passe d'un sujet qu'on survole à un sujet qu'on maîtrise relativement, la différence qualitative est assez importante et cela compense largement le fait de ne travailler plus que sur un seul thème.

Dans les deux cas cela peut tout de même paraître compliqué pour un étudiant qui commence. Quand on a déjà un master on envisage la chose avec beaucoup plus de décontraction…

5 nov. 2008

Aujourd'hui, ce n'est pas à Berlin...

...qu'il faut être mais bien aux Etats-Unis.

Toute la planète en émulation, cela faisait un moment que cela n'était pas arrivé (genre en 2001, mais pas forcément pour une bonne raison...), du coup j'ai envie de mettre à l'unisson et de dire que moi aussi j'ai envie d'y croire.

Donc aujourd'hui, et très exceptionnellement vous en conviendrez, Berlin n'était pas le meilleur endroit où être. Je pense à Amélie qui est à Washington en ce moment et à la soirée qu'elle a dû vivre hier et là, je l'envie un peu...

Heureusement demain, on revient aux bonnes affaires.

Ps 1: Dans combien de temps se fera-t-il assassiner? Il ressemble beaucoup à une belle cible...

Ps 2: Fil Actu de Libération aujourd'hui:
15h19 "La victoire d'Obama est celle de la rupture. En cela, elle rappelle celle de Nicolas Sarkozy en mai 2007", déclare Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement.

On comprend pourquoi tout le monde a envie de fuir très très vite de la France. Surtout maintenant puisque monsieur Bush ne sera plus là pour nous rassurer sur la nullité de notre dirigeant...

2 nov. 2008

Manuel Göttsching - E2-E4

Ce disque, disons le de but en blanc, je le révère. J'avais déjà pris le temps d'écrire quelque chose dessus sur mon ancien et mystérieux (sisi) blog... Comme il s'inscrit parfaitement dans les "promenades musicales allemandes", que j'apprécie encore ce texte et que je suis en "retard" sur cette rubrique, je me permets de le reprendre ici.

Je l'avais intitulé sobrement Quelque part en Juin il y avait E2-E4, on était en Juin 2006 et j'écrivais de la Sorbonne.


1981 ; l’ex guitariste d’Ash Ra Temple revient d’une tournée avec Karl Schulze. Cette collaboration renouvelée l’a inspiré. Arrivé dans son studio il branche sa guitare et se lance sur une long improvisation de 58 minutes qu’il nomme E2-E4. La petite histoire nous raconte que c’est ce jet brut qui est devenu l’album du même nom en 1984. Cela me semble quelque part difficile à croire, ou même à imaginer, qu’un tel fractal hypnotique a pu être le fruit d’une envie subite mais cela rend peut-être encore plus mystique cette heure étrange. Mystique bien entendu car il y a quelque chose de religieux dans l’éternel retour, dans cette longue évolution où le son d’une guitare simple vient se poser au bout d’une demi heure sur ces cycles célestes. Il faut peut-être se replacer dans le contexte, concevoir Göttsching dans son univers. La scène allemande des années 70 est une matrice explosive qui inspire de nos jours autant la techno que le post rock avec d’illustres groupes comme Can, Neu ! ou le plus connu Kraftwerk. Quand arrive l’explosion du punk en Angleterre les choses se tassent en Allemagne, les Tangerine Dream et compagnie sont d’un autre temps…Et pourtant… Alors qu’à Détroit se conçoit sur les bases du disco, et de la musique électronique de la décennie passée ce qui va devenir la techno, le « son de detroit » avec ses Carl Craig et ses Juan Atkins, Manuel Göttsching enregistre puis sort ce morceau. Bien entendu le succès n’est pas au rendez-vous, il ne peut pas l’être, un vieux baroudeur du Krautrock qui sort un album extatique composé d’un morceau de prêt d’une heure ne peut pas attirer le public, il n’y a rien d’alléchant. Mais il suffit de l’écouter ne serais-ce qu’une fois pour comprendre, pour percevoir pourquoi ce détour par Détroit nous a été obligatoire dans cette exposition. La musique met un temps à venir, et elle vient de loin, elle sort d’une caverne, comme un flûtiste endiablé qui ferait des rondes pour attirer des rats loin de ce gouffre. Le son est électronique, répétitif mais pourtant d’une richesse tout sauf superficielle, avec des sortes de petit touchés de cordes étranges tandis que résonne des échos lointain qui viennent grimper une pente dantesque vers l’occupation progressive de l’espace. Je ne suis pas musicien et je ne connais à peu prêt rien à la musique concrètement, mais comme souvent avec ce genre de morceau j’ai l’impression d’assister à une communion des cieux, à une messe nocturne où la réalité dévoile un instant tout son sens qu’elle nous cache normalement. Les bruits se structurent autour de cette mélodie de base qui est toujours la même mais qui ne se laisse jamais prendre dans un acquis complet. J’ai maintenant cette image, sûrement fausse, de l’homme seul dans son studio avec un casque sur les oreilles sa guitare sur les mains, ce qu’il faut pour les effets à porté qui les yeux fermés (forcément dans une idéalisation) est en train de voyager seul, immobile. Voyage qu’il nous restitue maintenant dans l’écoute ; c’est peut-être idiot de mettre des mots sur du son mais face à un tel morceau j’ai cette nécessité de produire quelque chose et la seule chose dont je puisse actuellement parler c’est de cela, du rêve que je traverse à chaque fois que j’écoute cette piste, à chaque fois que je me plonge dans cette univers. Oui, plonger est le bon terme, les sons sont différents, la manière de les percevoir aussi, comme si j’étais sous l’eau, et je crée mon propre rêve. J’attribue aux langueurs, aux longueurs, des sens, des significations qui me sont propres. Ce ralentissement signifie quelque chose pour moi, il vient se calquer sur un mouvement de mon corps de mon esprit. La signification est partout et je me sens déconnecté de cette bibliothèque où je suis à présent et de toutes les circonstances qui m’obligent à y rester.


La première demi heure passée, sans qu’on s’en soit aperçu, quelque chose se produit. Pas un de ces micros phénomènes qui constituaient ce tableau rouge et bleu que composait les vibrations sonores devant nous, non, pas cela. Quelque chose de plus, c’est cette guitare pure que ne renierait ni Pink Floyd ni Pat Metheny qui vient se déposer sur un rythme devenu unifié, devenu support, substrat à ce cheminement. Il y a avait un chaos, ou plutôt un ordre naturel aux sons qui se combinaient devant nous, un ordre en mouvement progressif ; maintenant il y a une sorte de symbiose folle, les mains de Dieu s’imposent sur la glaise et forme un Golem qui dénonce sur son front la vérité du monde. C’est cela, cette manière de créer l’attente, d’espérer l’avenir, le proche, le présent. Ce qui est beau quelque part, c’est qu’on ne demande plus rien d’autre que ce qu’on fait déjà : écouter. Le reste est superflu, pas inexistant ou banal mais tellement loin des profondeurs où nous sommes.


Il y a certains disques qui vous touchent jusqu’à la moelle, il fait partie des miens.

Machen Party!

Bon comme ma dernière notule concernant ma vie nocturne était celle sur le Fritz, ce qui est un peu la lose, et comme beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis, petit compte rendu d’une de mes meilleures soirée. C’était hier et je ne m’en suis malheureusement toujours pas remis (physiquement parlant).

Tout d’abord et pour une fois, j’étais invité en bonne et dû forme et pas seulement une pièce rapportée ou un promeneur bienheureux. Moritz le petit ami de Mira et le bon ami de Dominik (deux colocataires de mon ancien appartement de Warschauer Str.) organisait une soirée pour fêter son année passée dans sa WG et l’arrivée d’une nouvelle dans la collocation. Le bonhomme je commence à le connaître un peu, Architecte, végétarien, il respire le cool par tous les pores de sa peau. Polo de sport bleu, casquette, jean serré trop bas, il est toujours souriant, fun et gentil. J’avais passé une soirée avec lui il y a deux semaines et il était totalement « dedans ». J’avais donc un fort bon a priori sur cette soirée et j’espérais secrètement que ce serait aussi bien que la soirée avec Sasha et Maria que j’ai déjà conté ici. Dans les bons signes il y avait aussi ce très humoristique et horrible flyer, en illustration ici, qui s’adonne à l’apologie du kitch.

Bref me voilà entre Neukölln et Kreuzberg à 22h30 me rendant sur place. Je croise Moritz avec des sacs de glace en bas de l’immeuble, pratique pour trouver plus facilement l’endroit.

L’appartement. L’appartement c’est tout un programme, quand on ouvre la porte on a une pièce en longueur avec un escalier en bois sur gauche. Deux choix donc, j’opte pour le bas et je vais au bout de la pièce. Sur la droite part un immense couloir, je dirais 7m, avec des pièces sur sa droite et une chambre au fond. Première pièce une chambre, je n’y mettrais pas les pieds une seule fois, ensuite les WCs, puis la cuisine, remplie toute la soirée, et enfin la chambre de Moritz.

Peu de gens à ce moment de la soirée (une vingtaine au maximum), normal avant minuit rien ne vit à Berlin, j’en profite pour discuter avec Moritz, une espagnole prénommée Irène et quelques allemands. 23h30, une vingtaine de personnes arrive d’un coup et le flot sera continu jusqu’à très tard. Il est temps de quitter la chambre et son ambiance tranquille, malgré un bon funk, pour « tester » le second étage. Moritz me fait la visite. En gros, il semblerait que ce soit deux appartements réunis en un, puisqu’il y a aussi une porte d’entrée fonctionnelle au second niveau. La seule grosse différence c’est qu’à la place de la cuisine il y a la salle de bain… et quelle salle de bain !

Totalement vidée, à l’exception de la baignoire dans laquelle repose au frais toutes les bières de la soirée, elle se propose comme la piste de danse idéale. Carrelage noir et blanc, grands murs blancs, boule à facette au milieu et spot de lumières colorées pointé dessus. Dans un coin se libère un espace dans un mur, comme un placard, où se cache la machine à lavée sur laquelle est installée deux platines pour la soirée.
Bon Dub/Reggae sur place, je commence à danser avec les quelques personnes présentes. Petit à petit cela devient disproportionné, des gens arrivent de partout, des bons amis surgissent, quelques Erasmus que je connais au moins de vue traînent par là et on danse. La musique est électronique et plutôt bonne sans faire non plus d’étincelles. Mais ce n’est pas là où repose l’intérêt de la soirée. C’est l’atmosphère, l’ambiance : Cette pièce, tous ses gens qui se parlent qui sourient, qui se servent des bières.
Un gars prend son saxophone et commence à jouer par-dessus la musique et c’est juste bon.

Vers 3h alors que je discute totalement bourré avec quelques amis, Vahide, Maria, Dominik forcément, la soirée semble atteindre son apogée, on doit être facilement plus d’une centaine, toutes les pièces sont remplies, il y a des gens dans l’escalier et en bas de l’immeuble… Je croise même un italien qui est censé être en cours de philosophie avec moi (censé seulement car il prend très au pied de la lettre le « une année d’Erasmus c’est faire la fête »).
Tout doucement ensuite cela à commencer à refluer, et vers les 4h30 j’ai évacué les lieux avant de m’effondrer sur place.

Ce matin, douleur au genou (je me rappelle un bond des escaliers mais pas de m’être blessé…), estomac complètement à la ramasse et tête qui se déplace toute seule mais non rien de rien, je ne regrette rien.

Ma carte interactive (en travaux)