28 oct. 2008

Wild Combinaison



Connaissez-vous Arthur Russell ? Probablement pas. Musicien américain des années 70-80 à mi chemin entre l’avant-garde et la pop, acteur d’une scène disco raffinée et ciselée, il possède un parcours aussi passionnant qu’atypique. Ce violoncelliste à la voix si reconnaissable est malheureusement décédé comme la plupart des acteurs gays de cette période du sida en 1992.

Je ne l’ai découvert qu’il n’y a que quelques années avec l'excellente compilation « Calling Out the Context » dont je reprends ici la magnifique pochette. Entre le morceau entêtant qui donne son nom à ce disque mais aussi le fabuleux The Platform on The Ocean qui résume parfaitement sa musique ou le génialissime That’s Us/Wild Combinaison je suis tombé directement sous son charme. J’ai écouté en boucles ces morceaux où souvent un beat disco se retrouve suspendu à une voix à la fois métallique et fragile.

Quel rapport avec Berlin ? J’y arrive.

Dans mes pérégrinations quotidien sur internet je suis tombé par hasard sur l’annonce d’une nouvelle compilation « Love is Overtaking Me », très intéressante par ailleurs, qui sort presque simultanément avec le film… Un film ? Quel film ?

Wild Combinaison : A Portrait of Arthur Russell
s'annonce comme un reportage sur sa musique et sur son parcours. Me retrouvant sur le site officiel je jette un coup d'œil pour voir, par hasard, où il est distribué et je constate qu’il n’est projeté que dans quelques grandes villes à des dates précises…comme à Berlin par exemple !

C’était samedi dernier au Babylon Kino avec présence du réalisateur et concert hommage après projection.

Forcément, j’y étais.

Je ne connaissais pas le Babylon Kino et c’est un très beau cinéma à Rosa-Luxemburg-Platz (voir sur ma carte interactive en bas de la page). Une seule grande salle mais chaleureuse et le programme semble intéressant. Ensuite le concert. Assez court mais les trois groupes se débrouillaient vraiment bien, c’était des reprises réussies soit volontairement proches soit cherchant à retrouver l’esprit de la musique de Russell avec une certaine réussite.

Le film quant à lui est beaucoup plus problématique. Autant je suis heureux d’avoir appris de nombreuses choses sur sa vie que j’ignorais, par exemple qu’il connaissait Philip Glass, David Byrne et toute la scène avant-gardiste ou qu’il avait d’affreuses cicatrices sur les joues qui ont jouées un rôle dans sa vie affective, autant j’ai trouvé ce film relativement médiocre. Le réalisateur était présent dans la salle pour le traditionnel jeu des questions/réponses. Ainsi nous avons eu droit aux compliments de rigueur de la salle et à quelques explications de sa part qui ne m’ont pas du tout satisfait. A l’origine son idée était de faire un portrait de sa musique avec un film « expérimental ». De manière plus terre-à-terre on appelle cela un long vidéoclip casse gueule et flashy (pour le côté expérimental). Rapidement devant l’ampleur de la chose et devant l’enthousiaste des intimes d’Arthur Russell, il a du revenir à un projet plus commun de biographie sans toutefois abandonner ses vélléités initiales.

On a donc une sorte de produit bâtard entre une très mauvaise idée (son film « expérimental » aussi prétentieux que béant) nourri par des effets sans grands intérêts et parfois gênants (des scènes tournés comme des vidéos amateurs d’époque, des dessins animés, des fausses images d’archives) et un projet qui ne l’intéresse pas spécialement, la biographie, qu’il expédie dans une banalité confondante.

« Arthur Russell n’était pas un adolescent comme les autres » Tient, je l’aurais parié !

Le tout se déroule donc sans accroches : jeunesse à l’écart, fuite de la maison familiale puis éclosion artistique et sentimental, succès mais insatisfaction puis maladie et décès… Vive l’univers de la platitude sans fin au niveau des choix du film. C’est triste à dire mais si le sujet était prometteur et intéresse un public dont je fais partie, j’ai néanmoins eu le sentiment qu’il y mettait parfois du sien pour saborder son propre film. Quelques véritables et rares images d'archives et quelques interviews sauvent heureusement l'ensemble. Les dialogues avec les parents d'Arthur par exemple sont savoureux car bien qu'ils adorent leur fils ils n’ont jamais rien compris sa musique et l’assument.

Au final je pense qu'on était en droit d'espérer beaucoup mieux, Arthur Russell travaillait le son d'une manière unique, Folk, Disco, musique contemplative, il est dommage de n’avoir eu que ça pour en rendre compte.

Vous pouvez tout de même profiter de l’occasion pour le découvrir ici.

Ps: Je viens de faire un tour sur le myspace, hormis le dernier morceau a little lost je m'y retrouve pas, donc voir ici c'est vidéo "non-officielle" mais avec un des meilleurs morceaux.

26 oct. 2008

Des Chiffres et des Letttres.

Berlin :

- Berlin est une ville de 800 ans (la jeunette)


- C’est une ville de 3,4 millions d’habitants ce qui compte tenu de la taille, 891.82 km², ne représente rien du tout pour une des grandes capitales européennes.


- Comme Paris c’est une ville de célibataire (50%). Ce qui explique aussi pourquoi il y a autant de chiens à Berlin, 103 000 enregistrés. Les gens discutent facilement dans la rue à propos de leurs bestioles… toujours pratique pour rencontrer quelqu’un du sexe opposé (ou du même sexe).


- Berlin dispose de 128 musées et lieux d’expositions. Les plus visités sont : Le Musée du Mur à Charlie Checkpoint, le Pergamon et le musée Judaïque.


- C’est aussi une ville multi-culturelle avec prêt de 182 nationalités différentes. D’ailleurs les Berlinois sont souvent très fiers de l’annoncer…


- Berlin possède 4 universités et 15 établissements d’enseignement supérieur, soit près de 142 000 étudiants.


Pour le côté obscur:

- Berlin a un gros problème financier, près de 56 milliards de dette. Le maire (quand ? qui ? je ne sais) aurait affirmé un jour : « Berlin est pauvre mais sexy ».


A ce propos je dispose de sur cette question de ce dessin humoristique. Comme je n’ai pas de scanner j’ai du le prendre en photo et essayer de le nettoyer avec Photoshop, du coup ce n'est pas très clair.


Son titre (pas présent sur la photo) est « Berlin hat mehr Berge, als man glaubt » c'est-à-dire « Berlin a plus de montagnes que l’on ne veut le croire ».


Son dialogue:

- « Comment s’appelle la montagne la plus élevée de Berlin ? »
- « La montagne des dettes ?»

- Dans la même lignée le chômage atteint un fort sympathique chiffre de 18,3%. La fête quoi.


- De plus le revenu moyen d’une famille est autour de 1 475 €. Même si la vie n’est pas très chère par ici cela me semble tout de même très très juste.

Comme quoi Berlin a beau être sexy elle l’est encore plus pour les étrangers…

24 oct. 2008

Douce France...

On ne pas dire que je suis un grand nostalgique, mon pays ne me manque guère pour ma première « longue » absence.

Pourtant je suis dans une grosse période francophile culturellement. Ma boulimie Brel est toujours aussi active. J’écoute même dernièrement les bons vieux IAM et leur L'École du micro d'argent. C’est drôle. Etant un petit blanc plutôt favorisé de banlieues je n’ai jamais ressenti une légitimité à écouter du Hip-Hop et spécialement du Hip-Hop français. J’ai abandonné cette idiote nommée « légitimité » en manière de culture il y a quelques années (j’y reviendrai précisémenent sous peu) mais je n’avais jamais fait ce saut là. Mes goûts Hip-Hop viennent de mes découvertes personnelles, Afrika Bambaataa et leur « reprise » de Kraftwerk le monstrueux Planet Rock, et des bons conseils de Dominique. Mes idoles sont souvent américaines, comme Eligh, même si j’ai commencé à faire quelques incursions dans notre bon vieux pays (La Rumeur).

Etre à Berlin me permet de m’atteler à une analyse de notre culture de l’extérieure, sans les réflexes et conditionnements métropolitains. Intéressant. C’est ainsi que le grand et malheureusement actuel Nés sous la même étoile arrive maintenant à s'imposer. Je redécouvre un pan de l’univers de mon enfance que j’avais sciemment évité à l’époque. Univers qui m'interpelle forcément avec ce genre de déclarations:
Pourquoi quand moi je plonge, lui passe sa thèse ?

A côté il est amusant de voir comment les allemands nous perçoivent. Cela passe souvent de la caricature la plus totale aux connaissances les plus pointues. Il suffit de les écouter ou d’aller dans un bon magasin pour constater qu’ils en savent beaucoup plus sur les Français que la majorité d’entre nous sur eux.

De l’autre côté j’ai croisé ce Camembert dans un supermarché Low-Cost. Forcément j’ai eu envie d’essayer. Du coup je me suis dis que j’allais acheter une baguette dans un magasin banal pour voir.

Je ne m’attendais pas à un tel succès. Le Louvres en bas avec la pyramide et une Baguette comme un Phallus royal sont divinement kitchs. Napoléon par-dessus sortant l’objet du crime de son veston avec nos bonnes vieilles connotations va-en-guerre. Pour finir le tableau nous avons ce drapeau Français et ce « Bon Appétit ». Le tout forme ce que je peux considérer comme un fabuleux pêle-mêle. Bon pour 1€40 c’était vraiment immonde (on peut en trouver des très corrects ailleurs) mais le Camembert était consommable, c'est toujours mieux qu’un camembert allégé…

D’ailleurs question sur notre bonne vieille culture : Quelqu’un a une explication censée de l’expression « Mettre du beurre dans ses épinards » ? J’ai trouvé cette explication via google mais elle ne convient pas pour une raison économique. Il me semble que le beurre est une denrée souvent plus accessible que les épinards alors pourquoi ces deux choix ? Je ne suis pas allé plus loin dans ma recherche, je vous laisse m’éclairer.

15 oct. 2008

Remise en cause et Sondage.

Vahide n’aime pas mon blog. Edith pas trop non plus (elle avoue si on la cuisine un peu).
La question qui revient est de savoir ce que je veux vraiment par ce biais.

Je suis pourtant comme elles, les blogs cela ne me passionne pas. Raconter sa vie c’est surfait et rarement intéressant. Je n’ai pas de Myspace, pas de Facebook, pas de journaux intimes, je ne juge pas ma vie trépignante et je ne cherche absolument pas à imposer mon style de vie à quelqu’un d’autre. Ma vie je la mène comme je l’entends. Je ne fume pas, je ne veux pas que des gens veulent que je fume, je ne les juge pas non plus s’ils fument. C’est leur vie, leur modèle, leur construction. J’ai mon éthique, ma façon de vivre, elle est même très stricte si je la détaille. Je ne la juge pas meilleure qu’une autre c’est juste la mienne.

Pourtant maintenant j’ai un blog où je raconte des choses sur moi, je me rends public avec peut-être la même présomption que les autres. Je ne sais pas. J’aimerai peut-être juste parler de Krautrock et de cinéma, mais d’autres le font cent fois mieux que moi, je peux vous donner les liens il y en a à droite de votre écran. C’est d’ailleurs chez eux que j’ai trouvé les albums qui me font vibrés maintenant, alors à quoi bon ? Mes réflexions je ne les juge pas dignes de valeur. Je ne suis pas un artiste, un écrivain ou un philosophe. J’ai un blog depuis deux ans (je fais mon coming out, attention) mais seulement 4 personnes au maximum se souviennent du lien. C’est mes pensées, ma manière de faire, cela concerne seulement moi, je n’ai pas besoin de le partager.

L’objectif suivi ici est différent. Je vis une expérience spécifique, j’ai envie à la fois d’en rendre compte et de parler des choses que j’aime. Peut-être suis-je trop personnel, peut-être je me fonds dans ce marché du superficiel et de l’imbuvable. Se mettre en scène à quelque chose d’intéressant, j’ai envie que mes rares lecteurs me suivent, je tiens quelque chose, j’aimerai raconter une histoire sur ce blog. Elle n’a pas à être trop vraisemblable d’ailleurs, j’ai juste envie que cela forme un tout cohérent.

A la base, ce blog provient de ma ville qui souhaite que je restitue d’une manière ou d’une autre les expériences que consistent un voyage d’une année loin de son pays natal. Si je pensais que cela allait m’entraîner sur la métaphysique d’une blogosphère que j’ai souvent conspuer, j’aurai sûrement fait un reportage photos. Cela aurait été complètement bidon mais tout le monde l'aurait su d'avance.

Bref, soyez gentils, donnez-moi vos avis, je suis un peu perdu. Je ne fais pas un sondage avec une question à réponses sélectionnées à l’avance, j’aimerai avoir des avis argumentés. Qu’attendez-vous quand vous venez ici ? Que je vous parle de ma vie à berlin ? (Egotrip egotrip egotrip…) Ou au contraire que je sois plus culturel, plus général ? Dans les deux cas je risque de présenter quelque chose sans grand intérêt. La base de ce blog provient de l’équilibre entre les deux…Cet équilibre existe-t-il réellement ? A vous de me le dire.

Homeless




Bon bah voilà. Le vent à tourner. Je suis SDF. Mais j’ai quand même de la chance parce que j’ai une très bonne amie turque qui me loge le temps que je trouve. J’espère que d’ici le 1er novembre j’aurai trouvé. En attendant brossage de dent collectif avant de sortir et d’aller vaquer à nos occupations.

PS : Merci à Loïc et surtout Marie (car sans anneaux j’aurai eu l’air con) pour le rideau de douche de Vahide. Cela lui fait plaisir et justifie un peu mon squattage.

I Can’t get enought !

Bon comme mon programme de critiques d’albums est en l’air, c’est la faute de Julian Cope, sisi j’y reviens sous peu, je vais plutôt proposer quelques interludes.


Voici un clip. Il réunit beaucoup de choses que ce soit musicalement et visuellement. Tout d’abord il y a ce putain de son qui embrasse sévèrement le cerveau. Il faut dire que Von Südenfen est une association improbable d’un trio implacable.



D’un côté on a le duo magique de Mouse On Mars. Allemands, d’où la présence de ce clip sur ce blog, exaltant, sale et puissant. J’ai eu l’occasion de les voir il y a une année et demi aux présences électroniques. Il s’agit d’un festival qui touche plus les musiques expérimentales et électro-acoustiques, il ne se prêtait que moyennement à un tel groupe même si personne n’a boudé son plaisir. Franchement cela swinguait, cela créait des vagues d’adrénaline. Tout le monde était prêt à arracher les sièges de la belle salle Olivier Messiaen pour pouvoir vibrer. Les techniciens de Radio France ont sentis le vent venir et ils ont vites coupés la lumière et le son aux deux souris avant que cela ne se finisse en soirée club.


Voilà pour eux.


De l’autre on a monsieur The Fall. Mark E. Smith ou dieu pour certains. Au moins 20 albums au compteur. Putain d’anglais. Punk, Post-Punk ? Difficile à dire (je fais mourir le punk très tôt) en tout cas toujours aussi violent. Si on ajoute à cela de l’intelligence, de l’intégrité et des paroles finement ciselées on comprend pourquoi il reste autant de fans inconditionnels de The Fall (la chute… Camus tout cela..).

Son seul soucis c’est que s’il continue de délecter avec force ses auditeurs il ne les surprend guère. Sauf cette fois.


Ce morceau, Fledermaus Can't Get It, et par extension tout l’album, Tromatic Reflexxions, est quelque chose. Cela fout un coup aux reins. On en veut plus. On n’en peut plus. La voix roublarde, fatiguée et qui sent bon le cancer des poumons de Mark E. Smith donne le tempo à cette électronique survoltée, implacable, révoltante. Le reste du disque se tient bien même si après cette furia on a du mal à se remettre.

Pour finir de se prendre une grosse taloche dans le visage il faut voir ce clip. Avec cette association de Travelos qui fait du play-back excentrique par-dessus on tient un là monument de l’Anti MTV en pleine bourre.


Savourez.

Ma carte interactive (en travaux)