25 sept. 2008

Marie était là…Guillaume l’est toujours. (relire)

Je suis fort occupé. Je n'ai pas vraiment le temps de m’attacher au blog. Soit je fais des choses, soit je me repose. L’entre deux nécessaire pour l’écriture n’est pas vraiment d’actualité.

Pendant une semaine (jusqu’à samedi soir dernier), Marie est venue me rendre visite. Bien entendu, je ne peux pas tout vous raconter, j’ai une vie privée !, mais ce fut un plaisir de l’avoir (j’ai mangé des fruits et des légumes !).


Nous avons visité le parlement ensemble, nous nous sommes promenés dans le Floemarkt de Mauer Park, le plus grand marché aux puces de la ville, tous les dimanches. Nous avons profités. J’avais le cœur un peu lourd quand elle est montée dans le train. Comme la Deutsch Bahn avait fait n’importe quoi (un wagon d’annulé sans prévenir personne), nous n’avons pas vraiment eu le temps de faire les au revoir théâtraux. C’était peut-être mieux.


Depuis une semaine j’ai aussi le Guillaume chez moi, (oui je fais dans la colonie de vacances). Pour l'histoire, il a essayé à l'arrache de s'inscrire dans une école de Son à Potsdam et ils l'ont acceptés il y a peu. Donc le voilà. Bien entendu pas de logement, 2000 personnes attendent une chambre étudiante à Potsdam, il doit chercher donc je le loge. La cohabitation n’est pas toujours simple dans ma chambre car elle a beau être grande à deux cela devient vite le bordel.


C’est quand même fort sympathique de l’avoir. Pour oublier le départ de Marie on est allé danser presque toute la nuit dans un bar à Kreuzberg. Cela me permet de partager les choses et de sortir même si pour éviter de parler le français ce n’est pas le mieux.


Au fait, je vous ai dis que Noëlle venait pour un stage en novembre ?

Et qu’elle n’a pas de logement ?

hihi.

14 sept. 2008

Nuit dans un Club.

Erasmus oblige, sortie de groupe du vendredi soir. Erasmus oblige, club un peu pourri au programme. Erasmus oblige, je n’allais pas refuser de passer la soirée avec mes camarades de cours, je ne tiens pas à me mettre à l’écart.

Me voilà donc pas très loin de chez moi, en train d’attendre au Macdo d’Ostbahnhof -sig-. Il est 22h15, j’ai 15 minutes de retard sur le rendez-vous, qui a décidé d’une telle heure !, et personne que je ne connais en vue.

J’attends.

Erasmus oblige (vous trouvez que je me répète ?), tout le monde arrive au compte goutte de 22h30 à 23h. Le temps de s’acheter des bières, de faire les classiques « d’où viens tu » avec les gens inconnus…au total on est bien 40 à se réunir.

23h et des poussières : Cap vers le club d’une Radio du coin « Fritz ». L’intérêt de se rendre dans un tel lieu, d’un point de vue touristique voire heuristique, est que cette boîte était anciennement une gare. Malheureusement l’intérieur a été complètement désossé et ne ressemble à rien. On repassera pour l’heuristique.

Gros club donc, le Fritz affiche trois salles, une de rock, une de house/ragga/dance et une ouverte plus tardivement de techno. Autant prévenir tout de suite : la musique était de la soupe. La scène « rock » affichait les combinaisons Linkin Park, Offspring, saupoudré de quelques groupes allemands, comme Die Ärtze, et parfois de chansons audibles : Rage Against the Machine ou System of a Down. La scène ragga/dance et techno ne furent guère plus reluisantes, votre fidèle serviteur a bien pesté tout au long de la nuit. Pour tout dire, c’est le genre d’endroits pour anciens teenagers, que ce soit dans la musique ou dans l’ambiance. Les allemands semblent bien jeunes bien que majeurs. Le style en vogue est la casquette à l’Eminen et le teint glabre. On sent que la testostérone secoue encore quelques têtes et les blagues graveleuses autour de bières font leur chemin. Ma barbe d’une semaine et mon air de boy-scout adulte faisaient légèrement taches.
Dans les bons côtés toutefois, il y a les prix et l’Allemagne. Affichant des tarifs à peu prêt honnêtes pour ce genre de lieu, 3€ l’entrée avant minuit 6 après, 2€50 la bière de base, on pouvait boire sans se ruiner totalement. Les nanas pouvaient danser sans problèmes, ici on ne drague pas ouvertement et agressivement. Bien que certains semblaient en attente d’une providentielle rencontre, chacun est là pour danser et pour profiter, pas pour emmerder.
Bref, j’ai dansé toute la nuit. Passant d’une salle à une autre dès que je n’en pouvais plus. J’ai plutôt privilégié la scène techno, on peut danser sur de la mauvaise techno ce qui est plus problématique sur un sous Linkin Park romantiquement inerte. Quelques de mes camarades m’ont suivis jusqu’au matin, c’était sympathique de les voir dans un autre contexte d’apprendre à les connaître, enfin de danser avec eux vu que ce fut réellement mon activité principale.
D’ailleurs je ne sais toujours pas si je suis hautement ridicule ou pas quand je danse. J’aimerai dire que je m’en fous mais ce n’est pas vraiment le cas au fond. Mais j’essaye de me laisser aller, de sentir le vrombissement du son dans mes tripes plutôt que de le penser. Je préfère gigoter à l’excès plutôt que ressembler au manche à balais incarné comme pas mal de gugusses qui m’entouraient… Une nouvelle amie m’a affirmée que j’avais l’air cool, je prends cela comme une réponse positive même si elle devait être bien bourrée….

4h du matin, il doit faire moins de 10 degré dehors. La température a chutée en deux jours. Je suis content d’avoir pris mon vélos, ,je gèle mais pas longtemps.

Même si le lieu n’était pas intéressant j’ai passé une bonne nuit au final et il fallait y aller au moins une fois. Je vais par contre chercher à imposer discrètement le choix du futur club…

13 sept. 2008

Première semaine de cours.

Je reste muet et hop une semaine de passée. Le temps file. Je vais perdre des lecteurs à ce rythme là…sachant que mon capital de départ était très élevé...

Revenons mes petites histoires.

Lundi après m’être rendu à vélo jusqu’au centre de langue de l’université Humboldt à 8h30, j’apprends que j’ai cours seulement à 13h45. La bonne nouvelle donc c’est que j’ai bien cours même si je suis dans le niveau A1 (débutant).

Un retour et un aller plus tard (1h de vélo), me voilà en face d’un sympathique prof peut-être pas très loin de la quarantaine mais qui respire la trentaine et 8 9 personnes. Je suis le seul français.
Quelque part c’est mauvais signe, cela montre que j’ai vraiment du retard sur mes compatriotes, de l’autre je m’estime plutôt content. Prêt d’un tiers des étudiants que j’ai croisés parlaient français et je ne souhaite véritablement pas me lier avec eux. Le fait est que je ne veux pas parler français, quand j’en croise ma langue se lie. Je veux bien parler anglais, espagnol, allemand, mais surtout pas ma langue natale. Trop d’occasions de gaspiller mon temps sur Internet déjà. Qui plus est il y a une forme de répulsion infondée de ma part.
Il y a quelques jours Guillaume est allé à la Sorbonne pour moi. Quand je l’ai eu au téléphone pour savoir si cela c’était bien passé il m’a confié qu’il détestait les étudiants , ce qu’ils dégageaient. Je lui est rétorqué que c’était l’effet « rentrée » qui expliquait leur comportement et aussi une surinterprétation de sa part.

J’ai le même genre d’attitudes. La sorte de confiante supériorité que peut dégager un étudiant prêt de son université m’exaspère. Je me suis senti véritablement chez moi à la Sorbonne qu’au bout d’une année ou deux.

Ici, ce genre d’impression reste tenace. Il y a quelque chose qui me rebute chez les autres français. Leur manière de se comporter, leur bon rasage, leur vêtement clean et leur humour…tout exprime le franchouillard sûre de lui et cela me met mal à l’aise.
Non pas que ces gens ne sont pas intéressants, méprisables ou qu’ils correspondent à cette impression. Au contraire, si je venais à leur parler je présume que je m’entendrais très bien avec la plupart d’entre eux et qu’ils ont tous des parcours intéressants mais face à des inconnus regroupés ce « feeling » me traverse. C’est aussi la manière qu’on les français de se regarder, de se jauger. Je ne sais pas très bien comment l’exprimer mais chez les Allemands cela n’existe pas. En attendant cela m’arrange de ressentir cela pour mes objectifs de mon année, alors je les évite un peu...

Dans mon cours je suis donc avec deux turques, trois espagnols, il semblerait qu’ils que nos amis ibères soient au moins aussi mauvais que nous en langue, un italien, deux ukrainiennes et un indonésien. De quoi être dépaysé. Tant mieux.

Un cours dure de 13h45 à 18h avec deux pauses, une longue, 20 30 minutes si je ne m’abuse, et une courte (15). Pour le moment, compte tenu que j’avais travaillé auparavant, je n’apprends pas grand-chose en grammaire. Mais je fais travailler ce que je sais et je découvre des nouveaux mots. J’aurai préféré un cours de niveau A2 mais finalement c’est pour le moment très suffisant. On verra si je le regretterais dans un mois. J’apprécie aussi le prof, plein d’entrain, d’énergie. Il parle français, anglais, un peu espagnol et russe.

Comme j’ai toujours quelques difficultés à me lever, je ne profite pas trop de la ville ces derniers jours, mais en même temps je commence à prendre mes marques et des habitudes (le vélo) et je trouve cela très agréable.

10 sept. 2008

Virtuelle et Réelle.

Je ne prends pas le temps de vous donner des nouvelles ces derniers jours. Je vais bien, les cours ont commencés, il n’y a pas eu de problèmes (pardonnez mon stress). C’est assez étrange, si je ne le raconte pas sur le blog quelque part cela « n’existe pas », il n’y a aucun témoignage, aucunes preuves, aucunes réalités à ce que je fais si je ne remplie pas le contrat que je me suis fixé de le transformer en écritures. Pourtant je fais des choses, sisi je vous assure, et je vais vous contez tout cela.

Demain.

6 sept. 2008

Nena - Pop


Pour beaucoup de français la musique allemande ce n’est ni la techno, l’indus, le Krautrock ou autres joyeusetés « alternatives » (mot détestable j’y reviens bientôt) mais plus quelques artistes en têtes de gondoles du supermarché du coin : Rammstein, Tokyo Hotel et pour les plus vieux Nena. Si on oublie sciemment les travailleurs/esclaves pour « minettes », avec leur musique commerciale plus que limitée, les deux autres méritent au grand dam de nombreux allemands qu’on s’y attarde...


Continuant donc mes promenades musicales j’ai envie de parler de ce qui semble le passage obligé des cours d’allemand au collège : 99 Luftballons. Edité en 1983 ce morceau devient vite un hit mondial qui propulsa le jeune groupe Nena sur le devant de la scène internationale. Si cette chanson a connu un tel succès c’est que sa candeur, sa légèreté, ses sons typiques des 80s s’associaient à un thème sensible pour tous, la guerre froide, qui la rendaient universelle. Pour qu’on la retrouve dans nos écoles et dans autant de films c’est qu’elle est devenue un véritable phénomène de société qui survit encore aujourd’hui Il n’y a qu’à voir cet extrait de la série Scrubs pour constater que même aux Etats-Unis, ce 99 Luftballons a marqué les esprits.



Voir suite ici.


Pourtant Nena n’est pas réductible à cet unique morceau. Si ce groupe n’avait vraisemblablement aucune chance de survivre à un tel succès, une telle surexposition, l’album dans lequel figure 99 Luftballons s’avère tout aussi intéressant. Son nom, Pop, permet de mesurer quel programme ces enfants de la new-wave et de la disco souhaitaient mettre en place. Chez Nena il existe une sorte de force juvénile palpable, on n’est d’ailleurs pas surpris de découvrir que quelques années plus tard la chanteuse a enregistré plusieurs disques de contes et de chansons pour enfants. Un morceau comme Indianer alliant une sorte de rythme indien fantasmée à un rock simpliste et romantique est assez représentatif de ce parti prit. On comprend du coup le plaisir coupable qui peut nous éprendre quand on écoute un tel album… j’assume pourtant totalement l’affection que je lui porte car il est plutôt bien produit et bien composé. Le morceau Vollmond par exemple est une sorte de ballade énervée aussi kitch que charmante. Ajoutons à cela l’endiablé Nur Geträumt et le Zaubertrick avec son refrain imparable (et en français monsieur !), « Je fais des rêves en plastiques », et on a là un album certes daté et guère homogène mais touchant dans sa nostalgie.


Qu’on ait connu ou pas cette période Pop nous renvoi à une espèce d’âge d’or adolescente qui préférait une souriante insouciance face aux dangers bien réels du monde, la guerre froide, plutôt que de sombrer dans une triste résignation.


Cela ne fait jamais de mal de rêver.

5 sept. 2008

Vendredi 5, détresse.


Enfin pas tant que cela mais dure journée. Ce matin j’avais le test d’allemand pour les cours intensifs à Humboldt. Je stressais énormément depuis quelques jours. En fait pour comprendre la raison il faut remonter à quelques mois. Quand je me suis inscris en Erasmus personne ne m’a dit qu’il y avait un niveau minimum requis (au-delà bien entendu du niveau requis pour comprendre les cours). Lors de l’inscription sur Internet pour HU (Humboldt Universität), il y avait bien un test de langue mais je pensais seulement pour ces fameux cours intensifs. J’ai demandé à Rania de m’aider à avoir une note raisonnable car je pensais avoir le temps de partir début juillet de travailler beaucoup sur place. Les choses ne sont pas passées ainsi.


J’ai appris que plus tard que Humboldt faisait une sorte de sélection de cette façon. Je ne comprends d’ailleurs toujours pas ce décalage car cela a lieu après acceptation du dossier et cela reste une année universitaire de l’université de départ, l’université d’accueil s’en moque. J’ai commencé donc à angoissé car je me retrouve d’une certaine manière dans la peau d’un imposteur alors que j’ai toujours été parfaitement honnête sur mon niveau mais aussi sur ma motivation. Ainsi ce test me faisait peur, car quelque part il dévoile la « supercherie » et je ne sais pas comment l’université va réagir. Ce test est pour faire les classes de niveau pour les cours intensifs de langue (5 heures de cours par jour à partir de lundi). Il était clairement signalé que ces cours ne s’adresses pas aux débutants.


Bref, la bonne nouvelle c’est qu’ils encaissent l’argent sans rien dire avant le test (400€ tout de même). La mauvaise c’est que j’ai été dans l’impossibilité la plus complète de remplir quoi que ce soit. Un test à trou quand le niveau est élevé cela ne me laissait aucunes chances.


Je suis allé voir la responsable après pour lui expliquer mon cas, et lui dire que j’étais en problème. Sourire professionnel, « venez lundi ». Elle a juste pris mon nom.

Cela devait faire depuis la terminale que je ne m’étais pas senti aussi « canard boiteux ». A l’époque j’avais accumulé des lacunes par manque de travail et malgré une volonté de réussir cette année je ramais à les rattraper en maths et en physique. Chaque Devoir sur Table dans les conditions du Bac (une fois tous les mois pour l’une de ces deux matières) ressemblait à un parcours du combattant où je craquais gentiment nerveusement dans mon coin. Depuis que je suis à la fac je ne vais pas dire que j’ai eu un parcours brillant mais on n’a jamais pu me prendre en total défaut. J’ai eu quelques échecs mais jamais retentissant, jamais vécu de la même manière que quand j’étais au Lycée. Certaines personnes pensent que je devrais plus stresser pour la soutenance de mon mémoire de M2 d’histoire. C’est différent. C’est mon interprétation de connaissances que j’ai qui va être examinée par un jury. Que ce soit bon ou mauvais j’ai les moyens de me défendre, de lutter, de prouver ce que je suis. Là j’étais démuni.


Je ne sais pas si on peut refouler un élève à ce stade là, mais le fait que je puisse penser à ce genre de scénarios me touche. Pas que pour moi et mon année. Des gens croient en moi sur ce projet, pas que mes amis et ma famille. Paris 1 m’a accepté, entendu, soutenu, sélectionné. Ma ville m’a accordé estime et confiance en m’intégrant à leur nouveau programme de bourse. J’ai beaucoup investi sur cette année, je suis là depuis trois semaines, j’ai travaillé pour, je l’ai pensé, je fais pleins de choses, décevoir tout ces gens est inadmissible.

Comme lors des DST de terminal je ne maîtrise pourtant rien et je suis obligé de regarder venir…



PS : une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seul, mon directeur de recherche d’histoire ne peut pas faire ma soutenance la semaine prochaine a priori. Reporter au moins en octobre, mon voyage à Paris prévu pour peu va donc logiquement être annulé.


J’adore cette journée.


Désolé d’épancher ma conscience sur ce blog. C’est la seule manière que j’ai d’évacuer la chose, et surtout de justifier mes décisions passées.

4 sept. 2008

L.a ville s'endormait

Je ne suis pas très sage. J’ai beaucoup de choses à raconter, enfin au moins deux trois, mes soirées le week-end dernier vraiment géniales, j’ai vu Casablanca au cinéma, et la visite de l’Alte Nationalgalerie et du Alte Museum (mais la partie antiquité greco-romaine). J’ai aussi une promenade musicale de retard… bref que du beau, on verra demain matin.

En attendant ce soir j’ai vu Eva et son ami de passage à Berlin quelques jours. Eva est une ancienne de mes colocataires de Montreuil avec qui nous avons vécu seulement trois mois mais dont nous sommes toujours assez proche. Elle vient de Barcelone et je ne la vois pas souvent. Quelques bières dans un bar sympathique, il passait de la bonne techno comme le Saturn Strobe de Pantha Du Prince chose impossible en France, et un restaurant chinois plus tard nous nous sommes séparé. Je ne vais pas vous racontez nos discussions dans le détail, juste que j’ai eu un réel plaisir à passer ces quelques heures avec eux, l’année dernière on s’était croisé sans avoir le temps de se voir réellement. Par contre je commence à prendre la fâcheuse habitude de vouloir parler anglais…même quand on parle en français !

Ensuite, ensuite, j’ai erré un peu dans les rues de Berlin. Un temps légèrement frais avec une fine pluie d’après orages…la ville était superbe. J’étais à Kreuzberg et là, oh miracle, je me suis perdu.
Pas bien longtemps, certes, mais j’ai perdu le nord et je ne reconnaissais pas les rues. Cela peut vous sembler rien ou au contraire assez problématique mais c’est la meilleure chose qui puise vous arrivez dans une ville. C’est le moment magique où vous observez tout, ou vous profitez pleinement de l’endroit où vous vous trouvez. Rien n’est plus parfait que de ne pas savoir où l’on est dans un lieu qu’on aime et qu’on veut connaître.
Longeant un canal je me suis retrouvé dans une impasse coincé entre une grille, le canal, et la Spree. J’ai à ce moment là retrouvé mon sens de l’orientation tout en profitant d’un paysage épique avec ce ciel noir et cette pluie s’enfonçant dans le grand fleuve.

Etrangement j’ai eu envie d’écouter La ville s’endormait de Jacques Brel. Morceau doux et sinistre sur l’arrivée de la nuit. Etrange car même si le moment était tout indiqué je n’écoute quasi jamais l’album Les Marquises, je viens de le réaliser. Non pas que je ne l’aime pas, je ne le connais pas assez, mais je l’ai découvert par et pour Jaures. Je ne sais pas vous mais ce morceau me rend sensible dans ses meilleurs instants et me démolit dans les pires. On ne peut sortir indemne d’une telle chanson pour peu qu’elle nous touche. Elle est déluge et dévastation. Jamais je n’ai pu enchaîné avec le reste de l’album après cette puissance... c'était donc magique que me vienne au bout des lèvres ces quelques paroles...

La ville s’endormait
Et j'en oublie le nom
Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait

Murmurait-il tranquillement dans Warschauer Strasse.

1 sept. 2008

La minute allèle crochu #2.

Tout le monde semble avoir vu ce trop gentil film de Spielberg qu’est le Terminal. Une scène qui a du en faire sourire plus d’un est celle où Viktor/Tom Hanks utilise les chariots (quel est le terme exact ? je n’arrive pas à remettre le doigt dessus) laissés à l’abandon pour avoir de la monnaie et acheter des hamburgers.

A Berlin, et de manière plus triste, nous ne sommes pas très loin de cette réalité. En Allemagne il existe un système de consigne pour rendre les bouteilles contre quelques centimes, certains le font d’autres non. Si vous buvez dans la rue et que vous n’avez pas le courage de garder votre bouteille, évitez de la jeter dans une poubelle. Posez la quelque part, si possible sous la poubelle ce sera le mieux. Les sans-abri font le tour de la ville pour chercher non pas quelque chose de comestible mais bien les bouteilles en verres. La première fois que j’en ai vu, je me suis demandé quelle pouvait bien être la raison de cette action, fouiller une poubelle pour ramasser juste cela...puis j’ai réalisé. Depuis je laisse mes bouteilles n’importe où autour des poubelles mais pas dedans…

Du coup il se crée une « drôle » de relation. J’en reparlerai mais Berlin n’est pas une ville typique de l’Allemagne. Trop d’étrangers, trop de jeunes. La nuit c’est flagrant. Il y a des gens partout en train de boire et de discuter dans au moins trois-quatre langues. Au petit matin les cadavres en verres jonchent toutes les rues…. Les sans-abri vivent ainsi de cette forme d’insouciance générale. Quelque part cela peut sembler « dérangeant », cet équilibre entre une jeunesse européenne aisée et une frange de la misère de nos sociétés. En même temps, cela est peut-être plus pratique et moins dégradant pour certains d’entre eux que de faire la manche…

A quand le retour de la consigne en France ?

Ma carte interactive (en travaux)