5 sept. 2008

Vendredi 5, détresse.


Enfin pas tant que cela mais dure journée. Ce matin j’avais le test d’allemand pour les cours intensifs à Humboldt. Je stressais énormément depuis quelques jours. En fait pour comprendre la raison il faut remonter à quelques mois. Quand je me suis inscris en Erasmus personne ne m’a dit qu’il y avait un niveau minimum requis (au-delà bien entendu du niveau requis pour comprendre les cours). Lors de l’inscription sur Internet pour HU (Humboldt Universität), il y avait bien un test de langue mais je pensais seulement pour ces fameux cours intensifs. J’ai demandé à Rania de m’aider à avoir une note raisonnable car je pensais avoir le temps de partir début juillet de travailler beaucoup sur place. Les choses ne sont pas passées ainsi.


J’ai appris que plus tard que Humboldt faisait une sorte de sélection de cette façon. Je ne comprends d’ailleurs toujours pas ce décalage car cela a lieu après acceptation du dossier et cela reste une année universitaire de l’université de départ, l’université d’accueil s’en moque. J’ai commencé donc à angoissé car je me retrouve d’une certaine manière dans la peau d’un imposteur alors que j’ai toujours été parfaitement honnête sur mon niveau mais aussi sur ma motivation. Ainsi ce test me faisait peur, car quelque part il dévoile la « supercherie » et je ne sais pas comment l’université va réagir. Ce test est pour faire les classes de niveau pour les cours intensifs de langue (5 heures de cours par jour à partir de lundi). Il était clairement signalé que ces cours ne s’adresses pas aux débutants.


Bref, la bonne nouvelle c’est qu’ils encaissent l’argent sans rien dire avant le test (400€ tout de même). La mauvaise c’est que j’ai été dans l’impossibilité la plus complète de remplir quoi que ce soit. Un test à trou quand le niveau est élevé cela ne me laissait aucunes chances.


Je suis allé voir la responsable après pour lui expliquer mon cas, et lui dire que j’étais en problème. Sourire professionnel, « venez lundi ». Elle a juste pris mon nom.

Cela devait faire depuis la terminale que je ne m’étais pas senti aussi « canard boiteux ». A l’époque j’avais accumulé des lacunes par manque de travail et malgré une volonté de réussir cette année je ramais à les rattraper en maths et en physique. Chaque Devoir sur Table dans les conditions du Bac (une fois tous les mois pour l’une de ces deux matières) ressemblait à un parcours du combattant où je craquais gentiment nerveusement dans mon coin. Depuis que je suis à la fac je ne vais pas dire que j’ai eu un parcours brillant mais on n’a jamais pu me prendre en total défaut. J’ai eu quelques échecs mais jamais retentissant, jamais vécu de la même manière que quand j’étais au Lycée. Certaines personnes pensent que je devrais plus stresser pour la soutenance de mon mémoire de M2 d’histoire. C’est différent. C’est mon interprétation de connaissances que j’ai qui va être examinée par un jury. Que ce soit bon ou mauvais j’ai les moyens de me défendre, de lutter, de prouver ce que je suis. Là j’étais démuni.


Je ne sais pas si on peut refouler un élève à ce stade là, mais le fait que je puisse penser à ce genre de scénarios me touche. Pas que pour moi et mon année. Des gens croient en moi sur ce projet, pas que mes amis et ma famille. Paris 1 m’a accepté, entendu, soutenu, sélectionné. Ma ville m’a accordé estime et confiance en m’intégrant à leur nouveau programme de bourse. J’ai beaucoup investi sur cette année, je suis là depuis trois semaines, j’ai travaillé pour, je l’ai pensé, je fais pleins de choses, décevoir tout ces gens est inadmissible.

Comme lors des DST de terminal je ne maîtrise pourtant rien et je suis obligé de regarder venir…



PS : une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seul, mon directeur de recherche d’histoire ne peut pas faire ma soutenance la semaine prochaine a priori. Reporter au moins en octobre, mon voyage à Paris prévu pour peu va donc logiquement être annulé.


J’adore cette journée.


Désolé d’épancher ma conscience sur ce blog. C’est la seule manière que j’ai d’évacuer la chose, et surtout de justifier mes décisions passées.

2 commentaires:

Marie a dit…

courage Baptiste ! tu vas y arriver !
et pas de perte de confiance en soi face à un devoir où tu te sens démuni, ça va revenir et je suis sure que tout se passera bien ;)

Anonyme a dit…

En fait, tu gères aussi bien qu'à Paris. :D

C'est toujours un peu galère au début. Attend de prendre tes repères, ça va couler tout seul.

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