23 nov. 2008

Humboldt.

Depuis que je suis à Berlin je n'ai pas vraiment communiqué sur mes cours. Pourtant cela fait maintenant depuis plus d'un mois qu'ils ont commencé.

Tout d'abord mon emploi du temps. Le lundi c'est jour du seigneur (celui de la récupération des week-ends épicés) donc point de cours. Ma tradition parisienne voulait que j'oblitère tous cours affichant une heure matinale le lundi, j'ai poussé le vice jusqu'au soir.

Le mardi c'est allemand, 8h30-12 au sprachenzentrum comme au bon vieux temps des colon...du mois de septembre.
L'après midi, quartier libre pour préparer les cours du mardi, flâner, ou plus typiquement ne rien faire.
Pour le mercredi, premier vrai jour de cours à Humboldt, j'ai 6 heures de cours. Deux cours sur Carl Schmitt dans le bâtiment historique, de 12h à 14h et de 16h à 18h. Ces deux cours ont la particularité d'être en allemand, particularité qui rend le suivi plutôt complexe, voir improbable pour le moment. Cela ne m'empêche pas d'y être présent.

Entre les deux j'ai cours dans un bâtiment moderne, juste derrière. Cours en anglais sur l'émergence de la Conscience. Intéressant et compréhensible donc toujours bon à prendre.

Le jeudi j'ai deux autres cours, un dans la rue Invalidenstrss. un peu au nord, et un autre à Humboldt. Un en anglais sur la connaissance, travail sur le mot « Know », et un autre encore sur Carl Schmitt, encore en allemand, encore en mode "j'essaye de comprendre".

Pour clôturer ma semaine de manière équilibrer, retour au Sprachenzentrum le vendredi pour un peu moins de 6h de cours (8h30-14h).


Humboldt.

La batiment historique d’Humboldt se trouve dans la grande rue de Berlin « Unter den Linden ». C’est un palais du XVIIIeme siècle, renommé par le nom de l'explorateur au XIXeme. Honnêtement je ne suis pas vraiment perdu, la fac s'organise globalement comme Paris 1, avec un centre principal et de multiples centres annexes autour. Pour pousser le vice encore plus loin on peut remarquer que la philosophie et l'histoire occupe globalement les mêmes positions qu’à la Sorbonne, c'est-à-dire une aile du bâtiment historique et plus particulièrement le deuxième et troisième étage.

Il y a de nombreux détails par contre qui change la vie, ou la complique. Par exemple, les cours sont toujours sur deux heures, mais en fait c'est 1h30. Tous les cours à Humboldt commence à et quart et finisse à moins le quart. Mon cours de 14h à 16h dure en fait de 14h15 à 15h45. C'est tout bête mais c'est bien plus pratique pour changer de cours et savoir précisément quand ils commencent.

Par contre leur système de cantine est moins efficace. Si les prix affichés ne sont pas très dispendieux et que le système à carte semble plutôt fonctionnel, on paye chaque plat séparément. Il n'y a pas de menu dans les deux Mensa que j'ai vu. Pour un véritable repas, ce que personne ne fait du coup, cela revient plus chère que le Crous. Too Bad.

Humboldt étant plus "ouvert" que nos bonnes vieilles facs, on constate aussi la présence d'un bar, d'un restaurant et d'une boutique de fringue à l'effigie de la fac…

L'organisation du réseau internet est plus fonctionnelle. Ils utilisent un site, Moddle HU, où les profs mettent à disposition pour chaque cours les textes qu'il faut lire. Néanmoins comme à la Sorbonne, pour utiliser le réseau wifi il faut préalablement...aller sur internet. A Paris pour utiliser internet il faut installer un programme disponible seulement sur le net. Du coup si on ne l'a pas téléchargé à la maison, ce n'est pas possible. Ici, il faut juste un mot de passe et un login, le programme se lance du net. Pour s'inscrire il existe au moins quelques bornes dans l'entrée de la fac ce qui fait que globalement c'est plus pratique.

D'ailleurs les allemands ont un sens du pratique bien plus évolués que nous pour toutes ces choses simples. Ils ne s'embarrassent pas toujours de toutes nos solutions alambiquées. J’y reviendrai…

Pour finir ce tour d'horizon le dernier point est le master de philosophie.
En France il y a quelques cours à valider et un mini mémoire (60 - 100 pages) à écrire. Ici cela diffère beaucoup dans le principe. Le master est pensé sur les deux années, le dernier semestre étant consacré à la rédaction du mémoire. Chaque étudiant doit valider 5 modules sur les trois premiers semestres. Chaque module doit comprendre deux cours correspondants à des Tds, et un séminaire général. Un module dure un semestre et l'élève doit rendre une disserte d'une vingtaine de pages par module. Donc en gros les deux premiers semestres c'est deux modules par semestre soit 12h par semaine (deux fois 3 cours). Pour toute l'année l'élève écrit donc 80-100 pages.

Finalement c'est assez proche tout en étant pensé différemment à ce qu’on connaît en France. J'aurais d'ailleurs du mal à trancher sur ce qui est le plus cohérent et le plus difficile : un mini mémoire ou 4 gros essais. Les essais demandent des recherches plus diversifiées et un travail plus régulier, puisqu’il faut en rendre 2 à chaque fin de semestre. En même temps passer de 20 pages sur un sujet à 80 pages ne demandent pas d'avoir 4 fois plus de sources mais beaucoup plus. On passe d'un sujet qu'on survole à un sujet qu'on maîtrise relativement, la différence qualitative est assez importante et cela compense largement le fait de ne travailler plus que sur un seul thème.

Dans les deux cas cela peut tout de même paraître compliqué pour un étudiant qui commence. Quand on a déjà un master on envisage la chose avec beaucoup plus de décontraction…

5 nov. 2008

Aujourd'hui, ce n'est pas à Berlin...

...qu'il faut être mais bien aux Etats-Unis.

Toute la planète en émulation, cela faisait un moment que cela n'était pas arrivé (genre en 2001, mais pas forcément pour une bonne raison...), du coup j'ai envie de mettre à l'unisson et de dire que moi aussi j'ai envie d'y croire.

Donc aujourd'hui, et très exceptionnellement vous en conviendrez, Berlin n'était pas le meilleur endroit où être. Je pense à Amélie qui est à Washington en ce moment et à la soirée qu'elle a dû vivre hier et là, je l'envie un peu...

Heureusement demain, on revient aux bonnes affaires.

Ps 1: Dans combien de temps se fera-t-il assassiner? Il ressemble beaucoup à une belle cible...

Ps 2: Fil Actu de Libération aujourd'hui:
15h19 "La victoire d'Obama est celle de la rupture. En cela, elle rappelle celle de Nicolas Sarkozy en mai 2007", déclare Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement.

On comprend pourquoi tout le monde a envie de fuir très très vite de la France. Surtout maintenant puisque monsieur Bush ne sera plus là pour nous rassurer sur la nullité de notre dirigeant...

2 nov. 2008

Manuel Göttsching - E2-E4

Ce disque, disons le de but en blanc, je le révère. J'avais déjà pris le temps d'écrire quelque chose dessus sur mon ancien et mystérieux (sisi) blog... Comme il s'inscrit parfaitement dans les "promenades musicales allemandes", que j'apprécie encore ce texte et que je suis en "retard" sur cette rubrique, je me permets de le reprendre ici.

Je l'avais intitulé sobrement Quelque part en Juin il y avait E2-E4, on était en Juin 2006 et j'écrivais de la Sorbonne.


1981 ; l’ex guitariste d’Ash Ra Temple revient d’une tournée avec Karl Schulze. Cette collaboration renouvelée l’a inspiré. Arrivé dans son studio il branche sa guitare et se lance sur une long improvisation de 58 minutes qu’il nomme E2-E4. La petite histoire nous raconte que c’est ce jet brut qui est devenu l’album du même nom en 1984. Cela me semble quelque part difficile à croire, ou même à imaginer, qu’un tel fractal hypnotique a pu être le fruit d’une envie subite mais cela rend peut-être encore plus mystique cette heure étrange. Mystique bien entendu car il y a quelque chose de religieux dans l’éternel retour, dans cette longue évolution où le son d’une guitare simple vient se poser au bout d’une demi heure sur ces cycles célestes. Il faut peut-être se replacer dans le contexte, concevoir Göttsching dans son univers. La scène allemande des années 70 est une matrice explosive qui inspire de nos jours autant la techno que le post rock avec d’illustres groupes comme Can, Neu ! ou le plus connu Kraftwerk. Quand arrive l’explosion du punk en Angleterre les choses se tassent en Allemagne, les Tangerine Dream et compagnie sont d’un autre temps…Et pourtant… Alors qu’à Détroit se conçoit sur les bases du disco, et de la musique électronique de la décennie passée ce qui va devenir la techno, le « son de detroit » avec ses Carl Craig et ses Juan Atkins, Manuel Göttsching enregistre puis sort ce morceau. Bien entendu le succès n’est pas au rendez-vous, il ne peut pas l’être, un vieux baroudeur du Krautrock qui sort un album extatique composé d’un morceau de prêt d’une heure ne peut pas attirer le public, il n’y a rien d’alléchant. Mais il suffit de l’écouter ne serais-ce qu’une fois pour comprendre, pour percevoir pourquoi ce détour par Détroit nous a été obligatoire dans cette exposition. La musique met un temps à venir, et elle vient de loin, elle sort d’une caverne, comme un flûtiste endiablé qui ferait des rondes pour attirer des rats loin de ce gouffre. Le son est électronique, répétitif mais pourtant d’une richesse tout sauf superficielle, avec des sortes de petit touchés de cordes étranges tandis que résonne des échos lointain qui viennent grimper une pente dantesque vers l’occupation progressive de l’espace. Je ne suis pas musicien et je ne connais à peu prêt rien à la musique concrètement, mais comme souvent avec ce genre de morceau j’ai l’impression d’assister à une communion des cieux, à une messe nocturne où la réalité dévoile un instant tout son sens qu’elle nous cache normalement. Les bruits se structurent autour de cette mélodie de base qui est toujours la même mais qui ne se laisse jamais prendre dans un acquis complet. J’ai maintenant cette image, sûrement fausse, de l’homme seul dans son studio avec un casque sur les oreilles sa guitare sur les mains, ce qu’il faut pour les effets à porté qui les yeux fermés (forcément dans une idéalisation) est en train de voyager seul, immobile. Voyage qu’il nous restitue maintenant dans l’écoute ; c’est peut-être idiot de mettre des mots sur du son mais face à un tel morceau j’ai cette nécessité de produire quelque chose et la seule chose dont je puisse actuellement parler c’est de cela, du rêve que je traverse à chaque fois que j’écoute cette piste, à chaque fois que je me plonge dans cette univers. Oui, plonger est le bon terme, les sons sont différents, la manière de les percevoir aussi, comme si j’étais sous l’eau, et je crée mon propre rêve. J’attribue aux langueurs, aux longueurs, des sens, des significations qui me sont propres. Ce ralentissement signifie quelque chose pour moi, il vient se calquer sur un mouvement de mon corps de mon esprit. La signification est partout et je me sens déconnecté de cette bibliothèque où je suis à présent et de toutes les circonstances qui m’obligent à y rester.


La première demi heure passée, sans qu’on s’en soit aperçu, quelque chose se produit. Pas un de ces micros phénomènes qui constituaient ce tableau rouge et bleu que composait les vibrations sonores devant nous, non, pas cela. Quelque chose de plus, c’est cette guitare pure que ne renierait ni Pink Floyd ni Pat Metheny qui vient se déposer sur un rythme devenu unifié, devenu support, substrat à ce cheminement. Il y a avait un chaos, ou plutôt un ordre naturel aux sons qui se combinaient devant nous, un ordre en mouvement progressif ; maintenant il y a une sorte de symbiose folle, les mains de Dieu s’imposent sur la glaise et forme un Golem qui dénonce sur son front la vérité du monde. C’est cela, cette manière de créer l’attente, d’espérer l’avenir, le proche, le présent. Ce qui est beau quelque part, c’est qu’on ne demande plus rien d’autre que ce qu’on fait déjà : écouter. Le reste est superflu, pas inexistant ou banal mais tellement loin des profondeurs où nous sommes.


Il y a certains disques qui vous touchent jusqu’à la moelle, il fait partie des miens.

Machen Party!

Bon comme ma dernière notule concernant ma vie nocturne était celle sur le Fritz, ce qui est un peu la lose, et comme beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis, petit compte rendu d’une de mes meilleures soirée. C’était hier et je ne m’en suis malheureusement toujours pas remis (physiquement parlant).

Tout d’abord et pour une fois, j’étais invité en bonne et dû forme et pas seulement une pièce rapportée ou un promeneur bienheureux. Moritz le petit ami de Mira et le bon ami de Dominik (deux colocataires de mon ancien appartement de Warschauer Str.) organisait une soirée pour fêter son année passée dans sa WG et l’arrivée d’une nouvelle dans la collocation. Le bonhomme je commence à le connaître un peu, Architecte, végétarien, il respire le cool par tous les pores de sa peau. Polo de sport bleu, casquette, jean serré trop bas, il est toujours souriant, fun et gentil. J’avais passé une soirée avec lui il y a deux semaines et il était totalement « dedans ». J’avais donc un fort bon a priori sur cette soirée et j’espérais secrètement que ce serait aussi bien que la soirée avec Sasha et Maria que j’ai déjà conté ici. Dans les bons signes il y avait aussi ce très humoristique et horrible flyer, en illustration ici, qui s’adonne à l’apologie du kitch.

Bref me voilà entre Neukölln et Kreuzberg à 22h30 me rendant sur place. Je croise Moritz avec des sacs de glace en bas de l’immeuble, pratique pour trouver plus facilement l’endroit.

L’appartement. L’appartement c’est tout un programme, quand on ouvre la porte on a une pièce en longueur avec un escalier en bois sur gauche. Deux choix donc, j’opte pour le bas et je vais au bout de la pièce. Sur la droite part un immense couloir, je dirais 7m, avec des pièces sur sa droite et une chambre au fond. Première pièce une chambre, je n’y mettrais pas les pieds une seule fois, ensuite les WCs, puis la cuisine, remplie toute la soirée, et enfin la chambre de Moritz.

Peu de gens à ce moment de la soirée (une vingtaine au maximum), normal avant minuit rien ne vit à Berlin, j’en profite pour discuter avec Moritz, une espagnole prénommée Irène et quelques allemands. 23h30, une vingtaine de personnes arrive d’un coup et le flot sera continu jusqu’à très tard. Il est temps de quitter la chambre et son ambiance tranquille, malgré un bon funk, pour « tester » le second étage. Moritz me fait la visite. En gros, il semblerait que ce soit deux appartements réunis en un, puisqu’il y a aussi une porte d’entrée fonctionnelle au second niveau. La seule grosse différence c’est qu’à la place de la cuisine il y a la salle de bain… et quelle salle de bain !

Totalement vidée, à l’exception de la baignoire dans laquelle repose au frais toutes les bières de la soirée, elle se propose comme la piste de danse idéale. Carrelage noir et blanc, grands murs blancs, boule à facette au milieu et spot de lumières colorées pointé dessus. Dans un coin se libère un espace dans un mur, comme un placard, où se cache la machine à lavée sur laquelle est installée deux platines pour la soirée.
Bon Dub/Reggae sur place, je commence à danser avec les quelques personnes présentes. Petit à petit cela devient disproportionné, des gens arrivent de partout, des bons amis surgissent, quelques Erasmus que je connais au moins de vue traînent par là et on danse. La musique est électronique et plutôt bonne sans faire non plus d’étincelles. Mais ce n’est pas là où repose l’intérêt de la soirée. C’est l’atmosphère, l’ambiance : Cette pièce, tous ses gens qui se parlent qui sourient, qui se servent des bières.
Un gars prend son saxophone et commence à jouer par-dessus la musique et c’est juste bon.

Vers 3h alors que je discute totalement bourré avec quelques amis, Vahide, Maria, Dominik forcément, la soirée semble atteindre son apogée, on doit être facilement plus d’une centaine, toutes les pièces sont remplies, il y a des gens dans l’escalier et en bas de l’immeuble… Je croise même un italien qui est censé être en cours de philosophie avec moi (censé seulement car il prend très au pied de la lettre le « une année d’Erasmus c’est faire la fête »).
Tout doucement ensuite cela à commencer à refluer, et vers les 4h30 j’ai évacué les lieux avant de m’effondrer sur place.

Ce matin, douleur au genou (je me rappelle un bond des escaliers mais pas de m’être blessé…), estomac complètement à la ramasse et tête qui se déplace toute seule mais non rien de rien, je ne regrette rien.

28 oct. 2008

Wild Combinaison



Connaissez-vous Arthur Russell ? Probablement pas. Musicien américain des années 70-80 à mi chemin entre l’avant-garde et la pop, acteur d’une scène disco raffinée et ciselée, il possède un parcours aussi passionnant qu’atypique. Ce violoncelliste à la voix si reconnaissable est malheureusement décédé comme la plupart des acteurs gays de cette période du sida en 1992.

Je ne l’ai découvert qu’il n’y a que quelques années avec l'excellente compilation « Calling Out the Context » dont je reprends ici la magnifique pochette. Entre le morceau entêtant qui donne son nom à ce disque mais aussi le fabuleux The Platform on The Ocean qui résume parfaitement sa musique ou le génialissime That’s Us/Wild Combinaison je suis tombé directement sous son charme. J’ai écouté en boucles ces morceaux où souvent un beat disco se retrouve suspendu à une voix à la fois métallique et fragile.

Quel rapport avec Berlin ? J’y arrive.

Dans mes pérégrinations quotidien sur internet je suis tombé par hasard sur l’annonce d’une nouvelle compilation « Love is Overtaking Me », très intéressante par ailleurs, qui sort presque simultanément avec le film… Un film ? Quel film ?

Wild Combinaison : A Portrait of Arthur Russell
s'annonce comme un reportage sur sa musique et sur son parcours. Me retrouvant sur le site officiel je jette un coup d'œil pour voir, par hasard, où il est distribué et je constate qu’il n’est projeté que dans quelques grandes villes à des dates précises…comme à Berlin par exemple !

C’était samedi dernier au Babylon Kino avec présence du réalisateur et concert hommage après projection.

Forcément, j’y étais.

Je ne connaissais pas le Babylon Kino et c’est un très beau cinéma à Rosa-Luxemburg-Platz (voir sur ma carte interactive en bas de la page). Une seule grande salle mais chaleureuse et le programme semble intéressant. Ensuite le concert. Assez court mais les trois groupes se débrouillaient vraiment bien, c’était des reprises réussies soit volontairement proches soit cherchant à retrouver l’esprit de la musique de Russell avec une certaine réussite.

Le film quant à lui est beaucoup plus problématique. Autant je suis heureux d’avoir appris de nombreuses choses sur sa vie que j’ignorais, par exemple qu’il connaissait Philip Glass, David Byrne et toute la scène avant-gardiste ou qu’il avait d’affreuses cicatrices sur les joues qui ont jouées un rôle dans sa vie affective, autant j’ai trouvé ce film relativement médiocre. Le réalisateur était présent dans la salle pour le traditionnel jeu des questions/réponses. Ainsi nous avons eu droit aux compliments de rigueur de la salle et à quelques explications de sa part qui ne m’ont pas du tout satisfait. A l’origine son idée était de faire un portrait de sa musique avec un film « expérimental ». De manière plus terre-à-terre on appelle cela un long vidéoclip casse gueule et flashy (pour le côté expérimental). Rapidement devant l’ampleur de la chose et devant l’enthousiaste des intimes d’Arthur Russell, il a du revenir à un projet plus commun de biographie sans toutefois abandonner ses vélléités initiales.

On a donc une sorte de produit bâtard entre une très mauvaise idée (son film « expérimental » aussi prétentieux que béant) nourri par des effets sans grands intérêts et parfois gênants (des scènes tournés comme des vidéos amateurs d’époque, des dessins animés, des fausses images d’archives) et un projet qui ne l’intéresse pas spécialement, la biographie, qu’il expédie dans une banalité confondante.

« Arthur Russell n’était pas un adolescent comme les autres » Tient, je l’aurais parié !

Le tout se déroule donc sans accroches : jeunesse à l’écart, fuite de la maison familiale puis éclosion artistique et sentimental, succès mais insatisfaction puis maladie et décès… Vive l’univers de la platitude sans fin au niveau des choix du film. C’est triste à dire mais si le sujet était prometteur et intéresse un public dont je fais partie, j’ai néanmoins eu le sentiment qu’il y mettait parfois du sien pour saborder son propre film. Quelques véritables et rares images d'archives et quelques interviews sauvent heureusement l'ensemble. Les dialogues avec les parents d'Arthur par exemple sont savoureux car bien qu'ils adorent leur fils ils n’ont jamais rien compris sa musique et l’assument.

Au final je pense qu'on était en droit d'espérer beaucoup mieux, Arthur Russell travaillait le son d'une manière unique, Folk, Disco, musique contemplative, il est dommage de n’avoir eu que ça pour en rendre compte.

Vous pouvez tout de même profiter de l’occasion pour le découvrir ici.

Ps: Je viens de faire un tour sur le myspace, hormis le dernier morceau a little lost je m'y retrouve pas, donc voir ici c'est vidéo "non-officielle" mais avec un des meilleurs morceaux.

26 oct. 2008

Des Chiffres et des Letttres.

Berlin :

- Berlin est une ville de 800 ans (la jeunette)


- C’est une ville de 3,4 millions d’habitants ce qui compte tenu de la taille, 891.82 km², ne représente rien du tout pour une des grandes capitales européennes.


- Comme Paris c’est une ville de célibataire (50%). Ce qui explique aussi pourquoi il y a autant de chiens à Berlin, 103 000 enregistrés. Les gens discutent facilement dans la rue à propos de leurs bestioles… toujours pratique pour rencontrer quelqu’un du sexe opposé (ou du même sexe).


- Berlin dispose de 128 musées et lieux d’expositions. Les plus visités sont : Le Musée du Mur à Charlie Checkpoint, le Pergamon et le musée Judaïque.


- C’est aussi une ville multi-culturelle avec prêt de 182 nationalités différentes. D’ailleurs les Berlinois sont souvent très fiers de l’annoncer…


- Berlin possède 4 universités et 15 établissements d’enseignement supérieur, soit près de 142 000 étudiants.


Pour le côté obscur:

- Berlin a un gros problème financier, près de 56 milliards de dette. Le maire (quand ? qui ? je ne sais) aurait affirmé un jour : « Berlin est pauvre mais sexy ».


A ce propos je dispose de sur cette question de ce dessin humoristique. Comme je n’ai pas de scanner j’ai du le prendre en photo et essayer de le nettoyer avec Photoshop, du coup ce n'est pas très clair.


Son titre (pas présent sur la photo) est « Berlin hat mehr Berge, als man glaubt » c'est-à-dire « Berlin a plus de montagnes que l’on ne veut le croire ».


Son dialogue:

- « Comment s’appelle la montagne la plus élevée de Berlin ? »
- « La montagne des dettes ?»

- Dans la même lignée le chômage atteint un fort sympathique chiffre de 18,3%. La fête quoi.


- De plus le revenu moyen d’une famille est autour de 1 475 €. Même si la vie n’est pas très chère par ici cela me semble tout de même très très juste.

Comme quoi Berlin a beau être sexy elle l’est encore plus pour les étrangers…

24 oct. 2008

Douce France...

On ne pas dire que je suis un grand nostalgique, mon pays ne me manque guère pour ma première « longue » absence.

Pourtant je suis dans une grosse période francophile culturellement. Ma boulimie Brel est toujours aussi active. J’écoute même dernièrement les bons vieux IAM et leur L'École du micro d'argent. C’est drôle. Etant un petit blanc plutôt favorisé de banlieues je n’ai jamais ressenti une légitimité à écouter du Hip-Hop et spécialement du Hip-Hop français. J’ai abandonné cette idiote nommée « légitimité » en manière de culture il y a quelques années (j’y reviendrai précisémenent sous peu) mais je n’avais jamais fait ce saut là. Mes goûts Hip-Hop viennent de mes découvertes personnelles, Afrika Bambaataa et leur « reprise » de Kraftwerk le monstrueux Planet Rock, et des bons conseils de Dominique. Mes idoles sont souvent américaines, comme Eligh, même si j’ai commencé à faire quelques incursions dans notre bon vieux pays (La Rumeur).

Etre à Berlin me permet de m’atteler à une analyse de notre culture de l’extérieure, sans les réflexes et conditionnements métropolitains. Intéressant. C’est ainsi que le grand et malheureusement actuel Nés sous la même étoile arrive maintenant à s'imposer. Je redécouvre un pan de l’univers de mon enfance que j’avais sciemment évité à l’époque. Univers qui m'interpelle forcément avec ce genre de déclarations:
Pourquoi quand moi je plonge, lui passe sa thèse ?

A côté il est amusant de voir comment les allemands nous perçoivent. Cela passe souvent de la caricature la plus totale aux connaissances les plus pointues. Il suffit de les écouter ou d’aller dans un bon magasin pour constater qu’ils en savent beaucoup plus sur les Français que la majorité d’entre nous sur eux.

De l’autre côté j’ai croisé ce Camembert dans un supermarché Low-Cost. Forcément j’ai eu envie d’essayer. Du coup je me suis dis que j’allais acheter une baguette dans un magasin banal pour voir.

Je ne m’attendais pas à un tel succès. Le Louvres en bas avec la pyramide et une Baguette comme un Phallus royal sont divinement kitchs. Napoléon par-dessus sortant l’objet du crime de son veston avec nos bonnes vieilles connotations va-en-guerre. Pour finir le tableau nous avons ce drapeau Français et ce « Bon Appétit ». Le tout forme ce que je peux considérer comme un fabuleux pêle-mêle. Bon pour 1€40 c’était vraiment immonde (on peut en trouver des très corrects ailleurs) mais le Camembert était consommable, c'est toujours mieux qu’un camembert allégé…

D’ailleurs question sur notre bonne vieille culture : Quelqu’un a une explication censée de l’expression « Mettre du beurre dans ses épinards » ? J’ai trouvé cette explication via google mais elle ne convient pas pour une raison économique. Il me semble que le beurre est une denrée souvent plus accessible que les épinards alors pourquoi ces deux choix ? Je ne suis pas allé plus loin dans ma recherche, je vous laisse m’éclairer.

15 oct. 2008

Remise en cause et Sondage.

Vahide n’aime pas mon blog. Edith pas trop non plus (elle avoue si on la cuisine un peu).
La question qui revient est de savoir ce que je veux vraiment par ce biais.

Je suis pourtant comme elles, les blogs cela ne me passionne pas. Raconter sa vie c’est surfait et rarement intéressant. Je n’ai pas de Myspace, pas de Facebook, pas de journaux intimes, je ne juge pas ma vie trépignante et je ne cherche absolument pas à imposer mon style de vie à quelqu’un d’autre. Ma vie je la mène comme je l’entends. Je ne fume pas, je ne veux pas que des gens veulent que je fume, je ne les juge pas non plus s’ils fument. C’est leur vie, leur modèle, leur construction. J’ai mon éthique, ma façon de vivre, elle est même très stricte si je la détaille. Je ne la juge pas meilleure qu’une autre c’est juste la mienne.

Pourtant maintenant j’ai un blog où je raconte des choses sur moi, je me rends public avec peut-être la même présomption que les autres. Je ne sais pas. J’aimerai peut-être juste parler de Krautrock et de cinéma, mais d’autres le font cent fois mieux que moi, je peux vous donner les liens il y en a à droite de votre écran. C’est d’ailleurs chez eux que j’ai trouvé les albums qui me font vibrés maintenant, alors à quoi bon ? Mes réflexions je ne les juge pas dignes de valeur. Je ne suis pas un artiste, un écrivain ou un philosophe. J’ai un blog depuis deux ans (je fais mon coming out, attention) mais seulement 4 personnes au maximum se souviennent du lien. C’est mes pensées, ma manière de faire, cela concerne seulement moi, je n’ai pas besoin de le partager.

L’objectif suivi ici est différent. Je vis une expérience spécifique, j’ai envie à la fois d’en rendre compte et de parler des choses que j’aime. Peut-être suis-je trop personnel, peut-être je me fonds dans ce marché du superficiel et de l’imbuvable. Se mettre en scène à quelque chose d’intéressant, j’ai envie que mes rares lecteurs me suivent, je tiens quelque chose, j’aimerai raconter une histoire sur ce blog. Elle n’a pas à être trop vraisemblable d’ailleurs, j’ai juste envie que cela forme un tout cohérent.

A la base, ce blog provient de ma ville qui souhaite que je restitue d’une manière ou d’une autre les expériences que consistent un voyage d’une année loin de son pays natal. Si je pensais que cela allait m’entraîner sur la métaphysique d’une blogosphère que j’ai souvent conspuer, j’aurai sûrement fait un reportage photos. Cela aurait été complètement bidon mais tout le monde l'aurait su d'avance.

Bref, soyez gentils, donnez-moi vos avis, je suis un peu perdu. Je ne fais pas un sondage avec une question à réponses sélectionnées à l’avance, j’aimerai avoir des avis argumentés. Qu’attendez-vous quand vous venez ici ? Que je vous parle de ma vie à berlin ? (Egotrip egotrip egotrip…) Ou au contraire que je sois plus culturel, plus général ? Dans les deux cas je risque de présenter quelque chose sans grand intérêt. La base de ce blog provient de l’équilibre entre les deux…Cet équilibre existe-t-il réellement ? A vous de me le dire.

Homeless




Bon bah voilà. Le vent à tourner. Je suis SDF. Mais j’ai quand même de la chance parce que j’ai une très bonne amie turque qui me loge le temps que je trouve. J’espère que d’ici le 1er novembre j’aurai trouvé. En attendant brossage de dent collectif avant de sortir et d’aller vaquer à nos occupations.

PS : Merci à Loïc et surtout Marie (car sans anneaux j’aurai eu l’air con) pour le rideau de douche de Vahide. Cela lui fait plaisir et justifie un peu mon squattage.

I Can’t get enought !

Bon comme mon programme de critiques d’albums est en l’air, c’est la faute de Julian Cope, sisi j’y reviens sous peu, je vais plutôt proposer quelques interludes.


Voici un clip. Il réunit beaucoup de choses que ce soit musicalement et visuellement. Tout d’abord il y a ce putain de son qui embrasse sévèrement le cerveau. Il faut dire que Von Südenfen est une association improbable d’un trio implacable.



D’un côté on a le duo magique de Mouse On Mars. Allemands, d’où la présence de ce clip sur ce blog, exaltant, sale et puissant. J’ai eu l’occasion de les voir il y a une année et demi aux présences électroniques. Il s’agit d’un festival qui touche plus les musiques expérimentales et électro-acoustiques, il ne se prêtait que moyennement à un tel groupe même si personne n’a boudé son plaisir. Franchement cela swinguait, cela créait des vagues d’adrénaline. Tout le monde était prêt à arracher les sièges de la belle salle Olivier Messiaen pour pouvoir vibrer. Les techniciens de Radio France ont sentis le vent venir et ils ont vites coupés la lumière et le son aux deux souris avant que cela ne se finisse en soirée club.


Voilà pour eux.


De l’autre on a monsieur The Fall. Mark E. Smith ou dieu pour certains. Au moins 20 albums au compteur. Putain d’anglais. Punk, Post-Punk ? Difficile à dire (je fais mourir le punk très tôt) en tout cas toujours aussi violent. Si on ajoute à cela de l’intelligence, de l’intégrité et des paroles finement ciselées on comprend pourquoi il reste autant de fans inconditionnels de The Fall (la chute… Camus tout cela..).

Son seul soucis c’est que s’il continue de délecter avec force ses auditeurs il ne les surprend guère. Sauf cette fois.


Ce morceau, Fledermaus Can't Get It, et par extension tout l’album, Tromatic Reflexxions, est quelque chose. Cela fout un coup aux reins. On en veut plus. On n’en peut plus. La voix roublarde, fatiguée et qui sent bon le cancer des poumons de Mark E. Smith donne le tempo à cette électronique survoltée, implacable, révoltante. Le reste du disque se tient bien même si après cette furia on a du mal à se remettre.

Pour finir de se prendre une grosse taloche dans le visage il faut voir ce clip. Avec cette association de Travelos qui fait du play-back excentrique par-dessus on tient un là monument de l’Anti MTV en pleine bourre.


Savourez.

Ma carte interactive (en travaux)