23 août 2008

Première fête à Berlin....

Hier Sasha me propose de venir à une soirée un peu plus bas dans notre rue Warschauer Strasse. Il me dit que la thématique de cette soirée serait un peu Casino avec une table de Blackjack et une de Poker. Pourquoi pas ? Ni une ni deux nous voilà avec Luis et Maria, mon autre colocataire, à suivre Sasha vers cette première fête berlinoise. Immeuble semblable au notre, appartement construit de la même manière c’est-à-dire une cuisine à droite, une pièce à gauche, deux chambres au fond et la salle de bain derrière la cuisine. Les seules différences réelles étaient en fait que cet appartement était beaucoup plus grand que le notre et totalement vide. Seul la cuisine était occupée car elle s’était organisée en mode bar en vendant des bières 1€. Il était 22h on était une dizaine à tout casser pour le moment, je ne réalisais pas encore ce qu’était une soirée berlinoise.

Autant le dire maintenant : en France, en Espagne et presque partout ailleurs ce qui s’est passé cette nuit là est tout bonnement impossible. Tapage nocturne, descente de flics et au pire arrestations multiples semble être la voix royale si quelqu’un tentait la même chose dans une autre ville que Berlin. Et pourtant.

Cinq heures du matin, je suis épuisé, je rentre une bière à la main en chantant « Quizas, Quizas » façon Nat King Cole (je sais Edith, c'est mal) tandis que les rues sont…parfaitement réveillées. Tout est ouvert. Tous les gens vont au restaurant, font pratiquement leurs courses comme en pleine journée. Il est cinq heures. Je vais dormir. La soirée ne finit pourtant que deux heures plus tard.

Quelques heures plus tôt: Minuit.

Je suis à la table de Poker, la tension est à son comble j’ai misé l’extraordinaire somme de 1€ en tout et pour tout, comme tous les participants. Une des « chambres » est maintenant un dancefloor où se lovent quelques personnes sur une modeste techno. La salle de jeu est remplie, dans la troisième cela discute en anglais, en espagnol et parfois en allemand. Une queue commence à s’organiser pour accéder aux wcs. A la louche on tape facilement dans la centaine. C’est simple, il n’y a pas de contrôle, pas de regards en biais, pas de « Tu connais qui toi ? ». Si vous savez où est la soirée, où si vous entendez la musique dans la rue, que vous arrivez à trouver la bonne sonnette ou que la porte est ouverte…vous pouvez entrer, discuter, participer à la soirée. Ce n’est pas dans l’esprit de poser des interdits ni de refuser l’accès à des inconnus, surtout pas, c'est le principe même de la soirée. Les amis de Maria qui étaient à un autre endroit se retrouvent vite dans la place, je me fais plumé d’ailleurs au Poker. Vers 2-3h, cela commence doucement à se vider, enfin que je pense. Pour aller au petit coin, on emprunte les clefs de l’appartement du dessus et avec Maria et Sasha nous feintons la queue. Combien de gens de l’immeuble sont impliquées dans cette « soirée » ? Je ne sais pas, mais vouloir dormir dans ce boucan relève de l’exploit où d’un alcoolisme avancé.

Deux heures de danse et une partie de baby-foot plus tard, je ne sens plus trop mes jambes, j’ai plus de pièces de 1€ pour la bière. Luis est rentré depuis un bon moment, je me dis qu’il est l’heure d’autant que les couples commencent à se bécoter. Et voilà que Sasha me tombe dessus, « viens, viens à l’étage dans dessus, il passent la musique que j’aime ». Même appartement donc, un étage plus bas. Des affaires et des lits, ce n’était donc pas totalement prévu. Musique des sixties sur vinyles, cela swingue un peu mais c’est surtout le tout qui m’impressionne. Malgré les défauts d’une telle soirée et toutes les critiques qu'on peut lui porter (la techno était de mauvaise facture, dommage pour une ville abritant autant de talents), l’impression de liberté qui se dégage de cette nuit est assez fantastique. Les gens ne se méfient pas les uns des autres, ils profitent du moment comme ils le peuvent. On change de pièces, d’appartements, de fêtes, mais l’esprit reste le même. On pourrait prolonger la soirée n’importe où avec n’importe qui jusqu’au petit matin.


Ps: Hommage à Barney, Guillaume et Boris, un élément essentiel à leurs yeux était présent pour la réussite d'une soirée...il y avait un nain. Je n'ai malheureusement pas eu le temps de discuter avec lui, une autre fois peut-être.


2 commentaires:

Anonyme a dit…

Hola Batistuta:

oui première fête ! ouverture vers le paradis! que c'est bien de boire et de découvrir les "suburbs" de la ciudad.
Un vrai régal cette petite description ! il ne manque plus que la musique de fond (bien sûr électro-minimaliste ou je ne sais quel genre d'électro Batistienne.)

Y como estàs en medio de tantas nacionalidades solo queria decirte que falta la descripciòn de las personas, sus misterios, las impresiones...bref c'est un plaisir de te lire et suivre ton périple berlinois.

Abrazos
Ediloca

Jo a dit…

Salut Baptman,

Impressionné que je suis de m'être délecté de cette fête berlinoise-flashback propre, écriture soigné- je suis content de te savoir à ton aise. Profites bien de l'Immen-cité, ville dans laquelle il y a quelques années avec 2 acolytes notre Interail-trip nous a mené.

Sur une envie dévorante de photo je te souhaite le meilleur,

Ma carte interactive (en travaux)