J'ai réalisé que je n'ai pas fais mon coup de gueule sur les collocations à Berlin. Comme il vient d'arriver une crasse à une amie dans ce domaine là il est temps d'y revenir.
La collocation à Berlin c'est un phénomène d'importance. Il y a toujours des gens qui bougent, des gens qui arrivent, des gens qui partent. c'est même un art de vivre pour beaucoup. D'ailleurs je fais partie des gens qui aiment cela, qui le cultivent et qui n'envisagent pas de vivre autrement au moins avant d'avoir une famille. Quand j'ai cherché un appartement (via ce site par exemple) j'ai malheureusement vu un nombre incalculable de bêtises sans nom. Donc si jamais un jour vous cherchez une collocation je vais vous raconter tout ce qu'il ne faut pas faire.
Premièrement il faut être structuré et organisé. Il y a tellement de gens qui font cela juste avec leur spontanéité et leur joie de vivre. Par exemple certains organisent une fête pour choisir leur colocataire. Tout le monde peut venir et à la fin ils choisissent. Ce qu'ils n'ont pas compris c'est qu'ils choisissent quelqu'un pour vivre avec, pas juste pour faire des soirées. D'autant que cela pousse à une forme de Darwinisme sociale, genre Speed Dating d'embauche ou il faut éliminer les autres. Totalement malsain.
D'autres, des grandes âmes, donnent une chance à tous ceux qui veulent bien la prendre. Pour se faire ils emploient deux méthodes: La première est donc de recevoir, 1 à 1, tout le monde. Cela entraîne une perte de temps considérable pour les locataires "primaires" avec tout ce que cela peut aussi impliquer. Recevoir des inconnus pendant 3, 4 jours, leur dire toujours la même chose c'est épuisant. Rencontrer des gens doit être un moment convivial, si possible agréable, surtout quand on espère vivre avec l'un d'entre eux. Et puis si jamais on a rencontré le "bon", on en est sûre, quoi faire? Annuler 40 rendez-vous ou faire comme ci de rien n'était, ajoutant l'hypocrisie à la fatigue? Je suis arrivé au pied d'un immeuble, il n'y avait personne dans l'appartement, après coup de fil, j'apprends qu'ils en avaient fini pour aujourd'hui et qu'ils ne voulaient pas rencontrer plus de personnes. Encore heureux que ce n'était qu'à un quart d'heure de vélo.
L'autre méthode est de recevoir en "groupe", c'est-à-dire 4, 5, 6 personnes à la fois. J'ai visité un appartement près de Eberswalder Str. où les gens semblaient agréables. On était 6 en même temps à visiter, du coup j'ai vite trouvé cela insupportable. A la fin il y avait un papier à remplir avec "nom, prénom, étude/emploi, âge...". J'avais l'impression de remplir une fiche d'identification nationale.
Dans les deux cas c'est stupide et surtout irrespectueux. Si les gens qui cherchent un colocataire perdent du temps ainsi, qu'en est-il du pauvre qui en est à sa 15ème visite? Généralement, dans les visites de groupe, je sympathisais plus avec les autres demandeurs qu'avec les locataires.
Ce n'est pas tout. Souvent les gens ont des exigences qu'ils ne précisent pas dans leur annonce. Dans un appartement occupé par deux Ukrainiennes, l'une d'entre elle m'a indiqué qu'elle tenait absolument à ce que leur futur colocataire parle très bien l'allemand. Merci. Au Revoir. S'il y a des conditions sine qua none autant le dire lors de l'annonce. Si vous êtes végétarien et que vous ne supportez pas les omnivores, autant le notifier avant de recevoir.
Un dernier point est de donner un numéro de téléphone dans son annonce. L'avantage concret pour le "demandeur" c'est que c'est direct pour avoir un rendez-vous. La plupart des gens trouvent cela plus pratique donc. Pourtant ce n'est pas judicieux pour de nombreuses raisons. La première c'est qu'on n'a pas vraiment le temps de savoir qui est cette personne avant de la recevoir. S'il y a ces fameux critères éliminatoires tacites on va faire se déplacer quelqu'un pour rien. Autant éliminer des gens sur leurs messages plutôt que de leur donner leur "chance" pour ensuite les jeter comme des malpropres en tête-à-tête. La seconde raison est la forte demande. Le nombre de coup de téléphone qu'une personne peut recevoir en une journée est parfois colossale et donc fatiguant...et donc énervant.
J'ai sûrement oublié quelques idioties ou chantage (car finalement il s'agit aussi de cela, on se croirait parfois dans le Maillon faible) que j'ai rencontré lors de mes visites. Je préfère sûrement les oublier. L'ironie de l'histoire, c'est que j'ai été accepté dans un appartement qui avait fait les choses comme je le ferai, c'est-à-dire le mieux possible.
Tout d'abord, Engin recevait les demandes seulement par e-mails. Ensuite il les a toutes imprimées puis les a lues. Il en a choisit 10, 5 aurait presque été suffisant de mon point de vue, 10 permet par contre de recourir aux gens qui ne viendront pas ou à ceux qui trouveront un autre appartement. Il n'est pas nécessaire de voir plus de gens, grâce aux demandes on a déjà une idée sur qui on va rencontrer, et avec 10 personnes on est sûre de trouver quelqu'un qui nous convient (sinon on se demande pourquoi vous faîtes une collocation).
Du coup il a pu programmer tous ses rendez-vous sur un seul week-end, en prévoyant de voir chaque personne en tête à tête...au maximum 1 heure. On a discuté pendant 50, 55 minutes dans mon cas. Il ne s'est donc pas fait agressé téléphoniquement, il n'a pas perdu son temps (deux journées d'un week-end) et surtout il n'a pas manqué de respect aux gens qu'il a reçu.
Ainsi dans la ville par excellence de la collocation on trouve de tout à ce niveau-là. Les Allemands, pour une fois, le faisant malheureusement souvent à la sauvette.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire