16 mars 2009

CTM09 : Structures. suite et fin.

J'ai pris beaucoup de retard, retour sur un événement de janvier, suite de cet autre texte...

Le temps file. Le festival me semble bien loin maintenant mais retour sur ma "seconde" partie. Ayant une semaine chargée, j'ai décidé de me rendre de nouveau à Maria Ostbahnhof le mercredi. Ce choix n'était pas simplement une commodité car il y avait quelqu'un que j'admire qui se produisait: Alva Noto. La soirée s'annonçait d'ailleurs comme intéressante. D'un côté, sur la grande salle, se produisaient des groupes de métal employant des effets "électroniques" et de l'autre des artistes travaillant sur le son dans un rapport à la fois abstrait, simple et hypnotique. Il m'est difficile d'expliquer le rendu mais je vais essayer.

J'ai réussi à convaincre Vahide de m'accompagner et nous nous sommes présentés à la soirée sur les coups de 22h (cela commençait vers 21h, semaine oblige). Dans la grande salle, un groupe de métal donc. Et quel groupe. Monno. Cela envoyait un son lourd qui faisait vibrer les os. L'utilisation d'effets électroniques n'avait rien d'anodin ou de décoratifs. Drones et bruits blancs étouffaient l'espace. Cette alliance n'a rien de fortuit ni même de stupide. Dans la musique électronique et dans le métal, il y a parfois cette même volonté de saturé l'espace par couches successives qui ne nous donnent pas de répits. La musique est alors pensée comme une combat entre le vide et un océan vibratoire. Alors oui c'est du lourd, gare aux oreilles, mais j'ai vu tellement de groupes de métal régressifs que là c'était un véritable plaisir, quelque chose de fort.
Je me suis ensuite rendu dans la seconde salle où jouait Byetone (je crois j'ai un peu oublié l'ordre et les nom)s. Il proposait une musique proche d'Alva Noto et d'Ikeda avec toujours cet intérêt pour la vidéo. Sur tout le mur des traits de couleur évoluaient au fil des rebondissements musicaux. Je fermais les yeux et j'en profitais. J'ai du mal à comprendre cette envie de l'image, personnellement je m'en fous. Cette musique, elle se joue à l'intérieur. J'aurai souhaite qu'il n'y ait pas de lumières, que les gens cessent de bavarder et qu'on reste tous debout là, comme des spectres qui ressentiraient paradoxalement l'univers dans leurs "corps". C'était trop demandé, d'ailleurs je n'ai guère cessé d'avoir des problèmes avec le "public" lors de ce festival. A Zombie Zombie une idiote et son copain souhaitaient leur minute Warholienne et tapaient en rythme sur l'un des micros de la batterie... le public était aussi très bavard, avant qu'Alva Noto ne commence, je me suis positionné à deux mètres du bonhomme pile au centre de la salle. J'avais deux objectifs, être dans la meilleure position possible pour écouter et fuir les emmerdeurs. Naïf. Un couple n'a pas cessé une seule fois de toute la performance d'Alva Noto de parler (1h20 quand même). Pas une seule fois. Alors je ne comprends pas l'intérêt de se mettre là si on n'écoute pas. Car là il ne suffisait pas d'entendre, il faut écouter. J'imagine que ce sont ces gens qui diront fièrement après "qu'ils y étaient". Ils diront que c'était nul ou extraordinaire, de manière presque vindicative et absolue, alors que mon dieu, pas une seule seconde ils n'ont étés en mesure de vraiment écouter.
Bref, Alva Noto. Malgré l'affection que je lui porte cette performance me pose problème car mon soucis vis-à-vis de la vidéo c'est accentué.
J'ai découvert ce genre de musique avec Ryuji Ikéda il ya trois ans au festival présence électronique. Personne sur scène, le japonais était dans la salle du côté de la technique. 30 minutes de tourbillons que ma mémoire a érigé en légende. C'était un amalgame de bruits blancs, de petites mélodies, mais qui touchaient physiquement mes oreilles. Cela ne faisait pas mal, mais on avait l'impression d'être dans la musique, elle nous frottait la peau et il y avait quelque chose de l'ordre de la communion dans ce concert. On était trois ce soir là, on a acheté les trois l'album à la sortie. Cela allait de soi.
Là au contraire je n'ai pas réussi à rentrer dedans. Alva Noto était sur scène et balançait des tonnes d'images. Cela représentait comme un logiciel de gestion du son avec tous les sauts et toutes les évolutions. Sans aucun intérêt. On dirait qu'Alva Noto a peur de pas produire du "spectacle". Il a besoin d'être dans la représentation, de proposer quelque chose à voir de peur qu'on s'ennuie. Dommage, c'était raté.

Je n'ai rien contre la vidéo, cela peut être une proposition intéressante, mais elle peut aussi être une distraction futile et passablement ennuyeuse...

je revois peut-être Alva Noto ce mois-ci, on verra pour un jugement définition.

Le samedi c'était ma dernière soirée au festival et c'était Dubstep... Pas grand chose à raconter sur la musique, c'était probablement la soirée la moins intéressante de ce côté là, par contre cela remuait bien. Je ne suis pas resté longtemps, j'étais encore seul, mais Bonga a endiablé la salle, j'ai suivi...

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