Rapport Janvier Février.
A Berlin l'hiver il fait froid. D'autant plus cette année. Mais peut-être proportionnellement moins qu'en région parisienne durant cette même période. Dans tous les cas il y a eut beaucoup de neige. Je ne peux pas m'en plaindre, Richard -Sorge Str. couverte de neige au réveil c'est du plus bel effet. Berlin dévoile ses différentes facettes au fur et à mesure des saisons. Moins de vélos, plus de vêtements, les rues sont froides et belles. Les S-Bahn et les U-bahn luttent parfois pour rouler mais à l'intérieur on est heureux d'avoir un bouton pour fermer les portes et profiter de la chaleur du train. Quelque part, j'ai un peu hiberné, au début du mois j'ai évité de trop sortir, j'allais en cours d'allemand, en cours de philosophie et je rentrais chez moi. Je me préparais une soupe maison et je dormais. On a connu des rythmes plus effrénés mais parfois vivre « simplement » c'est vivre bien et il ne faut pas plus. Mais le mois de janvier 2009 est aussi un mois qui accélère tout. Fin du premier semestre, fin des cours d'allemand, espoirs (déçus) de retrouver internet chez moi, visite d'amis, il a fallu faire beaucoup de choses et vite. Rapidement j'ai repris du poil de la bête. Je commence à conquérir la ville. On me demande souvent mon chemin en allemand et je réponds, et je sais, et j'indique. Berlin en deviendrait autant chez moi que Paris, que Montreuil, que le quartier Latin. Sentiment étrange.
Je réalise qu'on me parle en allemand et que je comprends. Je réalise que je réponds. Le réalise-je vraiment? Je ne sais pas. Si on me demandait quelles langues je parle, j'aurai du mal à répondre. Je peux communiquer en anglais, je comprends un peu l'espagnol, mais l'allemand? Mon dieu, l'allemand? Il y a plus de six mois je ne pouvais guère aligner 5 phrases en allemand. Maintenant, je peux me faire comprendre. Sans brio, même difficilement, mais je peux me faire comprendre. Etrange, étrange, finalement je ne m'y suis pas encore fait, c'est une expérience nouvelle, riche, j'ai hâte de parler mieux.
En janvier, je suis pas mal sorti, le week-end seulement mais tout de même. Cinéma, parfois seulement en allemand, concerts (un de Métal, un autre d'Animal Collective) et trois soirées dans un festival électronique. Berlin c'est avant tout une vie de nuit, die nachtleben en autochtone. La journée, on récupère, on fait les courses, on se promène, on discute, on va en cours. Les cours. Parlons-en. J'ai assimilé le bon fonctionnement d'un semestre allemand mais j'aurai probablement du mal à valider tous les crédits ce semestre. J'ai été présent à presque tous mes cours, j'ai globalement suivi et essayé de travaillé mais comme je l'avais prévus, la découverte de la ville, l'apprentissage de l'allemand, la tenue de mes blogs et les cours de philosophie font un emploi du temps parfois difficile à tenir. Néanmoins rien n'est joué, pour valider le semestre il faut que j'écrive plusieurs articles avant la fin de mars, c'est en cours on verra. De toute manière le système rendant les étudiants plus autonomes je peux valider plus au second semestre.
Pour ce qui est des cours d'allemand, j'ai eu les 10 crédits ECTS que cela offre au premier semestre. Cela montre mon nombre de crédit à 17 avec les cours de septembre. Mon université ne validera probablement pas tous les crédits (cela fait plus de la moitié des crédits nécessaires pour valider un semestre), mais c'est toujours mieux d'avoir plus de crédits que pas assez. La fin des cours d'allemand, il y a maintenant deux semaines, le vendredi 13 mars, était un peu triste. Une étape qui se termine. Ma prof était probablement la meilleure professeur possible de langue que j'ai rencontré au cours de ma vie. Volontaire, à l'écoute, pédagogique, efficace, grâce à elle j'ai énormément progressé. 10 heures par semaine c'était un bon rythme. En mars, je vais refaire un stage intensif dans ce même centre. 4 heures par jour, 5 jour sur 7, 3 semaines. Niveau B1. Encore une chance de franchir un pallier.
Au second semestre je n'aurai plus que 6 heures d'allemand par semaine mais je n'aurai pas à payer. Du coup je m'offrirai peut-être des cours d'appoint. J'appréciais d'avoir 10 heures par semaine, c'était un bon rythme.
Depuis quelques jours, je suis en France, je profite de la pause entre les deux semestres pour travailler dans la bibliothèque de la Sorbonne (lieu où j'écris ces quelques lignes). Revoir les amis, ressentir la distance qui sépare mes deux vies, discuter des réformes et avoir Valérie Pécresse sur France Inter à 8h du matin qui insupporte. Bon baisers de Paris....
je n'ai pas fais tous les projets que j'aurai souhaité ce premier semestre. J'en avais probablement trop prévus, j'espère pouvoir les réaliser avec les beaux jours. Je ne cherche plus d'appartement, je commence à connaître Berlin et à parler allemand. Le meilleur est à venir.
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