6 janv. 2009

22 décembre: Vers Paris.

19h19, le bar de l'aéroport de Schonefeld. Je viens de me débarrasser de mon sac de voyage et je me prends une bière attendant l'embarquement.

Je rentre à Paris. Cette fois ce sera plus sympa. En octobre je n'avais pas encore bien mes marques ici que je me retrouvais déjà à Paris. Plein de Berlin en tête.

Berlin est certes plus présent maintenant mais je maîtrise aussi mieux mon sujet. Alors oui, dans l'absolu je préfère être du côté teuton du Rhin. Mais je vais profiter d'aller à Montreuil pour voir la famille, les amis, profiter de l'ambiance de Noël.

Ma dernière journée Berlinoise fut rapide mais agréable. Je me suis levé relativement tôt pour aller imprimer mon billet et vérifier l'heure au PC Pool d'Humboldt. Il n'y avait bien entendu personne. Il était 10h30 du matin et Berlin s'était paru de son plus beau ciel pour me dire de ne point partir. Jeux de lumières sur l'eau d'une fraîche pluie; ciel chargé tout en permettant d'entrevoir un bleu pur. Superbe. Deux trois albums de Sonic Youth pour accompagner le tout.
Cela fait deux semaines qu'il fait gris et là, forcément, c'est juste beau. Quelques courses de Noël plus tard, je range ma chambre, fait mon sac, me branche sur deux trois The Art of Noise me voilà.

J'ai mes habitudes maintenant dans cet aéroport. J'ai attendu suffisamment de gens ici pour connaître son fonctionnement et ses astuces. La première chose à faire c'est de se dépêcher un peu en sortant du S-Bahn. Le S-Bahn est le moyen privilégié pour se rendre à Schonefeld (avec un RE qui ne dessert malheureusement pas Warschauer Str.). Comme les trains sont assez espacés, si vous êtes dans les premiers à sortir de la station vous serez aussi dans les premiers pour enregistrer vos bagages... Temps d'enregistrement: 1 min 20, attente et discussion avec la guichetière d'Easyjet compris. Réflexion de parisien peut-être...

Ensuite une bière au bar et internet. Bon là internet ne marche pas, j'avais du jouir d'un jour béni l'autre fois. Tant pis. Au moins mon blog sera à jour.

Donc du 22 au 30 je suis à Paris. Le 31 je suis nécessairement à Berlin. Cela ne fait aucun doute. Une soirée à Berlin est rarement inférieure à une soirée parisienne. J'espère que ce sera n'importe quoi pour la "Silverster Party"

En attendant: Hier bin ich.


Ps: Maintenant que je suis dans l'avion la bière ne fut peut-être pas la meilleure de mes idées...

PPS: de retour à Berlin, toujours pas internet, donc pour publier mes messages ce n'est pas la joie.

18 déc. 2008

Deux films

Bon un article sur Der Baader Meinhof Complex c’était sympathique mais c’était un peu couru et j’aurai pu le faire de France.
Comme je viens de le dire dans la précédente notule, je profite actuellement de la Médiathèque du Sprachenzentrum : tu arrives, tu prends ton film, tu te poses et tu regardes…personne ne te demande rien, ne vérifie ta carte (quelle carte ?) ou quoi que ce soit…impossible à Paris...très agréable.

J’en profite donc pour améliorer mon allemand. Je prends un film teuton récent au hasard, je vérifie qu’il y a des sous-titres pour malentendants (sinon c’est un peu dur) et je m’y colle.

Je tombe donc de temps en temps sur des bonnes surprises. En voici deux.


Das Herz ist ein dunkler Wald

Mon premier pourrait se traduire par « Le Coeur est une étrange forêt obscure », enfin c’est Allocine qui le dit, personnellement j’ai encore quelques difficultés à traduire ce genre de titre. L’avantage de prendre des films au hasard, c’est qu’on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Il y a donc le plaisir de la découverte, le plaisir du hasard. Ce film s’ouvre sur une femme dans sa famille, deux enfants un mari. On devine rapidement qu’elle fut artiste mais qu’elle a laissé tout tomber pour s’occuper de ses enfants et rester à la maison. Le style est très allemand, vous savez ce genre de naturalisme glacial. Pourtant quelque chose cloche. Une étrange impression de malaise, de malsain, qui est omniprésent. La femme, Marie, est trop contemplative, trop désincarnée dans ce qu’elle fait. Il y a aussi cette invitation à une fête où se produit son musicien de mari, qui dégage une drôle d’atmosphère. On dirait une invitation pour une fête à la Eyes Wide Shut

le film s’amorce sur ce qui pourrait être un film social (elle découvre que son mari a une deuxième femme, une deuxième maison, un troisième enfant…) puis vire totalement dans un fantastique froid. La fête dans le château au bord d’un lac, entre musique classique et réinterprétation moderne. Un incendie. La forêt. Les hommes qui veulent coucher avec elle, son « mari » qui veut savoir si elle a laissé les enfants seuls. Elle déambule, elle se perd dans les couloirs et les salles du château comme une présence spectrale…

Le film n’est pas extraordinaire ou inoubliable mais il est louable dans ses intentions car il construit bel et bien quelque chose. Un quelque chose de terrible qui plane sur la vie de Marie. Avec son excellente bande-son et ce regard il est suffisamment bon pour qu’on regrette qu’il n’ait pas été diffusé en France. Dommage, dommage. J’ai découvert cette information après l'avoir vu ainsi que c’était une relecture moderne du Médée d'Euripide. Si vous comptez le voir un jour, ne prenez pas la peine d'aller revoir l’histoire de Médée si vous l’avez oublié, car cela gâche un peu le film.

Je ne sais pas trop que penser des « relectures contemporaines » de ce genre de classique. Est-ce qu’il y a quelque chose qui cloche dans cette démarche ou est-ce au contraire intéressant ? Je ne sais, il faudrait que je me penche sur la question mais indépendamment de son lien avec le Médée d’Euripide ce film méritait d'être vu et méritait que je lui consacre ces quelques lignes.


Am Ende kommen Touristen.

Mon second je pourrais le traduire…mais c’est inutile car tout le monde comprend. « A la fin des touristes viennent ». A la différence de mon premier il est bien sorti en France (il y avait le Logo de Cannes sur la jaquette) sous le titre « Et puis les touristes ».
Il s’agit d’un film assez court, 1h25, sur un jeune homme de Berlin qui va faire son service civil, une année, dans le mémorial d’Auschwitz. Forcément la boutade par quelques Polonais arrive vite lors d’un concert « L’armée allemande a envoyé quelqu’un à Auschwitz » et le film tourne doucement autour de ses prémisses.

La première question que je me suis posé en le voyant « Pourquoi Cannes ? » Car même s’il était présenté dans la catégorie « Un certain regard », il ne peut pas être un film Cannois. Un film Cannois c’est un film sur des pédophiles nains qui agressent des vieillards. A Cannes les journalistes veulent seulement la classique brochette, Woody Allen, Tarentino et invités, avec des films qui sentent le souffre. De cette manière ils pourront raconter dans leurs journaux respectifs que « tout le monde s’est emporté dans la salle, mais moi j’ai bien vu que Là -avec une majuscule- il y avait du Cinéma -rebelote-. »
Am Ende kommen Touristen
peut être caractérisé a contrario par sa modestie. C’est un film humble, subtil, qui ne cherche pas à avancer une thèse, à dénoncer ou à résoudre, mais simplement à suivre un jeune homme dans cet endroit spécifique en captant ce dont peut composer son expérience. Il doit aider un vieil homme, Krzeminski, qui est un survivant du camp. Ce dernier n’a plus trop d’objectifs et se contente de ses habitudes tout en traitant le jeune allemand avec une pointe d’ironie et parfois de mépris. De plus Sven rencontre et tombe sous le charme une belle jeune interprète polonaise qui se retrouve à le loger. Rien de moins cannois ici. Pas de volonté d’y aller avec de grands sabots, juste une ambition minimale : celle de narrer son histoire.

J’aime ce film dans sa simplicité, dans cette grâce qui s’en dégage, dans cette manière de traiter les différents thèmes avec pudeur. Je survole quelques articles dessus et beaucoup le « surinterprètent ». Certes il y a l’ombre d’Auschwitz, la question de la mémoire et de la commémoration. Mais ils sont là où ils doivent être, des ombres importantes pendant que des gens vivent, car oui, on vit à Oswiecim.

Hier à la fac...

J’ai failli comprendre un cours en allemand. Bon failli seulement. Par moment je comprenais plutôt correctement ce que le prof racontait mais je manquais des détails importants. En tout cas c’était la première fois que je m’approchais de la compréhension d’un séminaire en allemand donc c’était quelque chose. Le seul véritable problème c’est que le coût en concentration et en énergie est assez élevé, je ne peux absolument pas tenir comme cela une heure et demie. Mais tout de même, moi qui ai l’impression de peu progresser en allemand j’étais heureux de percevoir un sens général. D’autant que l’après-midi j’avais un séminaire avec interventions étudiantes et là c’est actuellement impossible.

En tout cas je me sens toujours aussi à l'aise ici. Les semaines s’égrènent. Je découvre à quel point on possède cette capacité de s’adapter et d’accepter comme quotidien des choses qui ne le sont finalement pas. Je prends le U-bahn les yeux fermés comme-ci je vivais ici depuis 10 ans alors que cela devrait encore me surprendre.

L’université se passe correctement. Je vais avoir énormément de travail en janvier, je préfère ne pas y penser, mais j’espère survivre d’une manière ou d’une autre au premier semestre. C’était le gros morceau. Le second sera nécessairement plus simple (enfin pour la partie « allemande » reste la française…mais c’est une autre histoire). Je n’ai toujours pas Internet chez moi. Engin vient d’envoyer une lettre avec un ultimatum à notre fournisseur, si d’ici janvier on n’a pas Internet on considérera le contrat comme caduque. La galère donc.
Du coup je profite pleinement du Sprachenzentrum, de sa bibliothèque et de sa médiathèque. J'en profite pour voir des films allemands et des classiques que j'ai manqué. Lundi et mardi par exemple je me suis fais Sátántangó de Béla Tarr. 419 minutes. 6H30 le Lundi, la dernière demi-heure le mardi (je me suis fais jeté de la médiathèque le Lundi soir...fermeture, tout cela). Choc. J'en parlerai peut-être une autre fois, mais c'est grand, tellement grand que je devrais le revoir bientôt dans des conditions plus optimales. On ne peut que sortir malade d'un tel film.


Pour finir sur un sujet plus prosaïque je ne suis pas mécontent de revenir quelques jours en France lundi. L’air de rien je suis fatigué. Je vais en profiter pour faire le plein, voir la famille et les amis, acheter des livres pour les cours, profiter d’Internet, de mon nouveau disque dur externe et me préparer pour 2009. Beaucoup de choses à faire et à profiter.

Cela annonce une année dure, mais palpitante.

Et je serai encore sur ce blog. Malgré mes récentes difficultés, je compte bien tenir mon engagement.

A tout de suite.

16 déc. 2008

Trentemøller - Live, 12 décembre.

Depuis que je suis à Berlin j’organise ma vie culturelle autour de micro-événements attendus ou inattendus. Tout est relatif à ma capacité d’avoir les informations (plutôt réduit vu mon allemand et l’absence d’Internet depuis quelques semaines) et d’y réagir. Depuis septembre il y a eu par exemple le concert d’Animal Collective (pile poil la semaine où j’étais en France…), le film sur Arthur Russell (), le concert de Squarepusher (c’était nul), Pantha Du Prince dans un club (prévenu à la dernière minute je n’ai pas eu le courage…honte sur moi).

IL y avait par contre la venue d’un Dj qui était à mon programme depuis longtemps et qui faisait figure d’un immanquable : Trentemøller.

Je vais pas vous refaire la biographie, ce Danois est l’un des Djs les plus appréciés du moment, sa première galette, The Last Ressort, en 2006 était remplie de pures pépites et a terminée dans une pléiade de bons tops de l’année (dont probablement le mien).

Depuis que je suis ici je n’ai pas encore connu une soirée club digne de ce nom. Les meilleurs endroits, le Panorama Bar, Water Gate, je n’ai pas eu l’occasion de m’y rendre, enfin si au Panorama Bar mais j’étais trop crevé et je ne voulais pas payer 15€ pour rester une demi-heure. C’est pourtant l’une des choses à faire à Berlin et jusque là j’ai surtout été frustré sur cette question. Les endroits sympas où je suis allé l’étaient pour le cadre rarement pour la musique. L’occasion était donc rêvée.

Je devais y aller avec Vahide. Bien entendu elle ne m’a pas donné de nouvelles et je n’ai réussi à la joindre. Dommage. Heureusement je n'étais pas seul, Dominik souhaitait aussi s’y rendre (il faut dire que le Trentemøller fait figure de star à Berlin), donc j'ai diné avec lui dans mon ancien appart de Warschauer Str. en début de soirée. On fut ensuite rejoint par une de ses collègues, une italienne, accompagnée par quelques amis. Vers 1h du Matin on prit une bière ou deux dans bar avant de se rendre tranquillement vers le club.

Ce club c’était le Rechenzentrum et il se trouve assez loin. Du côté de Köpenick (à l’est, regardez le plan en bas de la page). Suffisamment loin pour que ce centre (drôle d’endroit d’ailleurs) affrète deux voitures pour faire des navettes gratuitement depuis Ostkreuz.

2h30 nous voilà à faire la queue pour rentrer. 3h, on est dedans. Le set de Trentemøller a déjà commencé, tout vibre, l’ambiance est électrique. La salle n’est pas géniale, seulement un grand rectangle, les vestiaires sont à l’opposée de l’entrée et le plafond est seulement à 2m50. Mais cela est suffisant pour créer quelque chose dans la pénombre et ce son fabuleux. Si vous ne le connaissez pas, vous pouvez faire un tour sur son myspace pour écouter un morceau emblématique comme Take Me Into Your Skin. Trentemøller produit une musique cultivée, dans le bon sens du terme, c’est-à-dire à la fois accessible et complexe. Entre House, Techno, Minimal Techno et toute une culture Rock. Pas de question de frontières juste celui d’ambiances, de paysages sonores et de voyages auditifs.

Le set qu’il a proposé était quelque peu différent de ce que j’imaginais de sa part, plus direct, plus rythmique, moins dans la construction d’atmosphères que dans un pur message physique. S’il rendait le tout accessible (mixant par exemple du Joy Divison, She lost Control, Love Will Tears Us Apart, du Aphex Twin avec l’incontournable Windowlicker) il n’en oubliait par autant toute sa science et ses propres créations. Je n'ai pas entendu Take Me Into You Skin qui est probablement plus un morceau d’ouverture, ouverture que j’ai donc manqué, mais j’ai été bluffé par Vamp qui résume à lui tout seul le contenu de sa prestation.

Vamp, surtout cette nuit là, c'est ce rythme lent et redondant, ses légères fluctuations, ses montées feutrées qui pousse les corps à se lover sur le son, à s’abandonner dans une abyme.

Une autre chose appréciable fut le bonhomme en lui-même. M’étant glissé à moins de deux mètres de lui (il n’y avait pas de scènes donc il était au même niveau que les danseurs), il semblait avoir un véritable plaisir à être là, à se produire et à nous transporter. Son attitude, le voir sautiller, sourire, danser, donnait envie de le suivre, de s’enthousiasmer avec lui. On était loin du spectacle professionnel et aseptisé de Bass Héro de Tom Jenkinson (oui je garde une dent contre Squarepusher).

6h du matin, temps de rentrer. Avec Dominik on partage un Taxi avec deux Polonais venu spécialement pour voir notre Danois. Berlin est toujours plus beau le matin surtout autour de Warschauer Str. Je pouvais me coucher satisfait.

4 déc. 2008

Der Baader Meinhof Complex ou le cinéma complexé.


Culturellement ces derniers temps je me suis surtout concentré sur la musique. Je peux peut-être changer un peu de registre... D'ailleurs j'ai vu un film allemand il n'y a pas si longtemps qui est aussi sorti de votre côté du Rhin, belle occasion que voilà.

Film historique donc, Der Baader Meinhof Complex s'intéresse à l'histoire de la RAF, Fraction Armée Rouge, qui a commit quelques assassinats et quelques actes terroristes durant les années 70. Moment important d'une Allemagne de l'ouest qui se reconstruisait à partir de 68 et qui finalement se préparait en douceur à regarder vers l’avenir... J'ai déjà mentionné cette relation spéciale qu'entretenait le Krautrock avec l'après 68. Andreas Baader, Ulrike Meinhof et les autres membres de la RAF entretenaient de la même façon une relation complexe avec 1968. Pour certains d'entre eux cela fut la prise de conscience de leur capacité politique, de leur refus de la société, pour d'autres juste une confirmation de la justesse de leur combat. L'apaisement qui suivit les dures répressions de ces événements a été vécu comme une trahison à "la lutte". Se retrouvant en minorité, même à gauche, ils décidèrent d'entrer dans l'action armée, dans la clandestinité. La RAF naissait et elle allait devenir l'effigie de tout ce que contre quoi luttait la RFA. Même si leurs actes furent violents, la répression et l'acharnement sur ses membres furent presque disproportionnés.
Sujet brûlant donc, car assez récent, remettant en cause autant une gauche problématique de l'époque (concevoir qu'un groupe isolé d'un individu a les moyens de fissurer un état moderne et durablement installé...Se dire du peuple tout en s’en coupant pour les besoins de l’illégalité), avec une réaction gouvernementale qui flirte sérieusement avec le criminel, avec toute la conception de la réaction "hors système" Guantamo et le Patriot Act ne sont pas bien loin, ainsi que toute la réflexion du vingtième siècle sur le terrorisme et les moyens dont dispose l'Etat.
Je connaissais déjà la question puisque j'ai lu un livre produit à partir d'une thèse d'histoire sur la ce groupe terroriste. Du point des vues des faits, cette adaptation d'un roman, pour ce que j'en sais, est globalement correcte. Ce ne sera pas suffisant pour des néophytes, de nombreux événements importants sont survolés et ne jouent qu'un rôle symbolique, qu'un insert à l'histoire, mais on peut estimer que le film remplit son cahier des charges.

C'est bien la seule chose dont on peut le créditer. Car d'un point de vue du "cinéma", il y a comme qui dirait un problème. Je n'ai pas de définition restrictive du cinéma, je ne suis pas du genre à me lever, taper du poing sur la table en décriant "ceci n'est pas un film". Du coup je ne sors que très rarement d'une salle de cinéma pendant une projection (cela a du arriver deux fois sur les 400 derniers films...) au péril de m'imposer des horreurs (et il y en a eu...). Pourtant devant ce Der Baader Meinhof Complex j'ai le même genre de difficultés qu'en face d'un Sin City. Je ne vois pas en quoi le film apporte quoi que ce soit comparé au support d'origine, la bande dessinée dans le cas de Sin City. Le livre que j'ai lu contenait tout ce film et bien plus. Il n'y a pas de "valeur ajouté" ici. A la vérité il n'y a pas grand chose, pas d'atmosphère, pas de personnages (on est indifférent au devenir de tous), pas d’engagements de la part du réalisateur, pas de thèses, pas de critiques sociales, pas d'enjeux esthétiques. Toutes les questions autour de l'extrémisme, du terrorisme, de l'oppression d'état, des moyens de s'exprimer et de croire en un monde meilleur, sont laissés sur l'autel de la lâcheté. Car oui, ce film sans idées est d'une profonde lâcheté. Il veut plaire à tout le monde dans un conformisme quasi Hollywoodien alors que son thème ne s'y prête pas. Comme pour V pour Vendetta (Quel horreur ce fut...) il y a une incompréhension entre un fond virulent, qui interloque et qui est palpitant dans ses contradictions et une forme qui a la sinistrose. Ce film n'ose strictement rien. Un bon reportage aurait été infiniment plus expressif et aurait pu ouvrir d'autres perspectives.

Certes il ne fallait pas forcément s’attendre à quelque chose d’incroyable, c'est le film gros budget avec la "dream team" allemande, tous les gens déjà présents dans La Chute. Cependant il y avait matière à espérer, La Chute laissait une impression d'inachevée qui restait globalement positive. On aurait pu espérer que ce film se concentre sur son intéressant huit-clos tout en paranoïa plutôt que de tenter de maladroites et d'inutiles sorties à l'extérieur du bunker. Cependant il y avait ce corps, celui d'Hitler, et cet espace, le bunker, dans lesquels quelque chose pouvait se jouer, s'incarner. On ne retrouve rien de semblable sur la « Bande à Baader » qui permette de supporter ces presque 2 heures 30 d'aléas qui ne semble plus nous concerner.

C'est bien le film international Allemand d'une Allemagne polie et civilisée dans tout ce qu'elle a d'énervant avec ce vernis historique sur ce qu'elle est devenue. On pourrait presque le mettre en parallèle avec notre Bienvenue chez les Ch'tis, véhicule du "Vive la France terroir". Sauf que là où Bienvenue chez les Ch'tis fut une surprise incompréhensible (enfin pour moi) ce Der Baader Meinhof Complex est un objet froid visant simplement à servir de carte de visite pour le public international. Dans les deux cas cela n'est heureusement pas représentatif de la production cinématographique des pays respectifs.

A oublier vite.

2 déc. 2008

J'ai besoin d'internet

Cela fait depuis vendredi que nous n’avons plus Internet à la maison. Je trouve des solutions annexes, se connecter à la bibliothèque, rendre visite à Noëlle, à l’appartement de Warschauer Straße…mais ce n’est pas suffisant. J’ai un article sous le coude, mais bloqué dans mon second ordinateur resté à la maison. J’ai besoin de ma dose et je ne l’ai pas. Non pas que je sois dépendant d’Internet, une telle dépendance dans les faits d’existe pas, mais là c’est la galère. Si je décidais de vivre ailleurs, à la montagne, dans une île déserte, ou si je me faisais un voyage dans une région qui nécessite de se couper du monde, de la forêt sud-américaine au G20 Corse, je le ferai avec plaisir. Mais pas ici, pas dans cette vie. Tout mon univers, culturel, universitaire, en partie personnel, tourne autour de la notion de l’information. La musique, le cinéma, la philosophie, l’histoire, tout cela est informations. Et le meilleur vecteur d’informations qui existent, la meilleure invention depuis la Roue (pour le moment) cela reste Internet.
Avec quelques bonnes habitudes Internet c’est le monde de la découverte et de la redécouverte. Boulimique de l’information je suis.

Rendez-moi mon réseau !

27 nov. 2008

Squarepusher - Live à Berlin


Squarepusher c’est l’un de ces héros de l’IDM (Nom horrible : Intelligence Dance Music) des années 90 avec Autechre et Aphex Twin. Electro sale, faite de grésillements, de ruptures, de cacophonie folle et furieuse. Je les ai tous beaucoup écouté et quand j’ai vu que Squarepusher passait à Berlin je me suis rué sur l’occasion. Ce qui est d’ailleurs étonnant, à Paris, il y a mille groupes à voir chaque semaine et finalement je n’en profite que rarement. Ici j'essaye de plus me faire violence (qui plus est c’est moins chère ici…).

Donc Squarepusher jouait et il jouait au Volksbühne à Rosa-Luxemburg Platz. Gros bâtiment qui m’avait toujours intrigué je me demandais comment c’était à l’intérieur. C’est plus une grosse salle de spectacle/théâtre qu’autre chose, j’étais un peu inquiet pour le rendu du concert. De ce côté il s’est avéré que c’était parfait, les groupes jouaient sur la scène mais dans le fond de la scène car elle jouait le rôle de fosse d’une salle de concert normale. On pouvait donc soit profiter des sièges de la grande salle, soit s’engouffrer sur les planches pour voir les choses de plus près.

En arrivant avec mon ami Australien, Nick, j’étais vraiment excité par ce concert. Tout commença très bien avec un groupe bruitiste allemand au doux nom de Moha ! Deux bonhommes. Un à la guitare et l’autre à la batterie, les deux avec une ribambelle d’effets électroniques. Cela faisait trembler les murs et même si c’était un peu cliché du groupe allemand (Sec métronome et furieux) ce fut une réussite live.

Une bonne demi-heure plus tard, à 22h45 tapante (pas de retard, chose presque impossible en France..) Squarepusher commençait ! J’allais enfin le voir se déchaîner avec sa basse !

J’ai été salement déçu.

C’est dur mais c’est là où on voit tout le chemin parcouru. Je pensais que Squarepusher tenait encore la route, qu’il n’était pas qu’un simple artefact des années 90, mais ce fut navrant. Pour commencer, malgré le lieu, malgré l’ambiance dans la salle, l’installation scénique n’était pas terrible. Deux écrans de Leds sur les côtés et un derrière balançant des jeux de lumières sans aucune cohérence, sans aucune imagination ou intérêt. Cela faisait penser à du sous sous Daft Punk ce qui n’est franchement pas glorieux. Musicalement Les deux premiers morceaux étaient anecdotiques. Le troisième, Hello Meow, je l’adore, et je reprenais un instant confiance. Un très court instant. Car après un batteur faisait son apparition sur scène derrière Tom Jenkinson (de son vrai nom) et s’acharnait sur l’instrument pendant que Tom jouait de sa basse.

Une demi-heure d’ennui. Les deux nous faisaient du stupide Guitar Hero. Il n’y avait aucune saveur, c’était une sorte de vulgate Rock n’roll alors que j’attendais de Squarepusher de la transgression et non un acharnement instrumental par-dessus des piètres boucles électroniques. La salle swinguait un peu, il est vrai, le public présent était bon et diversifié, mais moi je me demandais ce que je foutais là. 20 € pour cela. J’en arrivais à me demander si Squarepusher n’avait pas sorti un album que j’aurai manqué depuis le convenu mais bon Hello Everything, d’autant que ces derniers temps je ne suis plus vraiment au courant de l’actualité des disques. Magie du net je sais depuis qu’il a bien sorti un disque Just a Souvenir que je prendrais pas la peine de télécharger, d’écouter ou encore moins d’acheter. D'ailleurs je ne vous file pas de liens.
Ce disque doit correspondre à ces deux tiers de concert chiant à mourir. Surtout que le Tom avait l’air de s’ennuyer. Oh, il était content de sa prestation mais il semblait juste là pour assurer le minimum syndical. Tout sur des roulettes. Le batteur s’absentait un moment et cela redevenait un peu plus intéressant, plus "Squarepusher". Des sons sur de multiples étages, des ruptures, des reprises, des ralentissements inattendus, des envolées contrôlées et hypnotiques. Si le dernier quart de ce concert bien long (enfin seulement 1h30 mais subjectivement long...) sauvait les quelques meubles encore sauvables, j’en garderai cependant un souvenir bien fade.
Les Moha ! au moins m’avait interloqué....
Reste la magie de la place….génial...

Au moment où j’écris ces lignes, je tombe sur un article de la blogothèque qui abonde malheureusement dans mon sens. La vidéo disponible du concert à Paris pourrait être celle de Berlin tant c’est identique. Vous pouvez donc constater à quel point c’était banal et ennuyeux. Les seules véritables différences que j’ai avec ce journaliste, DJ Barney, c’est que je suis resté jusqu’au bout (quand on paye cela aide) et surtout que je n’ai pas vu Ryoji Ikeda deux jours plus tard.

Ryoji Ikeda. Merde. J’adore cet artiste. Je l’avais vu il y a trois ans à la Maison de la Radio et cela avait été une immense claque ….

…Vivement qu’il vienne à Berlin.

Liars!

J'inaugure encore une nouvelle catégorie sur mon blog, « histoire d’albums produits en Allemagne ». On pourrait aussi l'appeler la catégorie « tricherie » car il s’agit de parler de disque qui me tiennent à cœur mais qui ne sont pas crées par des autochtones même s’ils ont une histoire avec ce pays. Pour inaugurer cela, petit tour d'horizon d'un groupe que j'admire : Liars.


En 2002-2003 j'ai écouté énormément d'albums. Je lisais beaucoup d’articles sur le net pour trouver vers quoi jeter mon dévolu. Je me souviens d'un article de Chronicart qui survolait les deux groupes de Rock américain dont la carrière commençait et décollait. D'un côté on avait le coup de maître revival cold wave : Interpol. L'album était grandiose, parfaitement construit et pensée, il s’incarnait avec cette sobre pochette tout de noir et rouge. vêtue Bourrés de tubes en puissances -ou n’y avait-il que cela ?- on pouvait l'écouter inlassablement. Je me souviens de son achat et des si nombreuses fois que je l’ai plongé dans ma chaîne hi-fi. Par la suite je n'ai malheureusement jamais retrouvé dans leurs autres disques ce frisson original. De l'autre côté on avait la face obscure de New York : Sombre, punk, maladive. C'était des californiens qui s'étaient trouvés dans Big Apple pour construire leur univers. Les Liars donc.


Si lutte il y avait, elle était quelque part inégale, Interpol se faisait propulser en France par France Inter (The Black EP) et se retrouvait directement dans les festivals et dans les discothèques des amoureux de Rock. Liars pendant ce temps offrait un voyage d’une courte intensité, avec ces voix venues d’on ne sait où, ces cliquetis électroniques (The Garden Was Crowded And Outside) et une fin d'album aussi facile qu'inaccessible. Une boucle sur prêt d’une demi-heure. Personnellement, surtout pour un premier album, j'y voyais un morceau de bravoure aussi simpliste qu'endiablant. Cette boucle ainsi que tout l’album They Threw Us All In A Trench And Stuck A Monument On Top venait s’installer avec ces voix lointaines et presque incompréhensibles dans mes messes noires musicales... Non pas que l’album était extraordinaire, loin s’en faut, mais il dégageait quelque chose de puissant, d’intriguant. Ce n’était pas un album de chevet comme pouvait l’être celui d’Interpol mais il donnait profondément envie de voir ce que cela pouvait donner dans l'avenir.

Deux ans plus tard : second album. Plus discret, plus difficile d'accès, plus électronique, plus répétitif, plus maladif aussi. Il était surtout plus punk, moins dans les décibels que dans l'intransigeance des menteurs. Ce They Were Wrong So We Drowned aux titres étranges agressait l’auditeur. C’était par excellence l’album anti-radio. Mais pour peu qu’on dépasse nos tendances à la facilité il y avait là quelque chose de dément, quelque chose d’insaisissable et de quasi mystique. Entre le rock jouissif et syncopé de They Don't Want Your Corn They Want Your Kids ou la conclusion (Flow My Tears the Spider Said) qui vagabondait entre une comptine de cirque et des chants d’oiseaux il y avait matière à expérimenter l’éternelle retour. Le tout était d’ailleurs inspiré par un voyage dans les montagnes du Harz (en Allemagne vous voyez j’y arrive).
Je continuais de les surveiller attentivement…

Et en 2006 le coup de foudre, le coup de maître survint. Et il venait de Berlin.

Comme le dit si bien Maxence Grugier, chez les Liars, il est surtout question de géolocalisation extrême et on peut peut-être penser que l’apport de la production allemande, celle des filiations à la Kosmiche Musik a permit aux Liars de trouver là l’équilibre parfait, la force magistrale d’offrir un putain d’album.
Autant le dire maintenant, il y a deux groupes de gens, ceux insensibles totalement à cet album, qui ne comprennent pas le possible engouement autour et ceux qui adhèrent complètement. Devinez dans quel groupe je me place…

Les premiers morceaux marquent le changement. La batterie est sèche mais limpide. La voix a quitté les profondeurs pour s’élever doucement, les paroles en sont d’autant plus reconnaissables. La musique, quant à elle, hypnose. Elle nous fait rentrer dans un tourbillon d’éther sous le rythme des cieux. A Visit From Drum est à ce titre là exemplaire. La voix circule pendant que la batterie se fait presque militaire. L’album se montre assez diversifié mais parfaitement homogène laissant place à toute la palette des Liars, Drum and the Uncomfortable Can étant le morceau le plus énergique, le plus « Post-Punk ». Quelque part on trouve ici toute une modernité du Rock. Dans le rock actuel, je conçois deux manières d’approcher une « modernité ». Il y a d’un côté les hybrides, les mutants. Ceux qui parasitent, qui conquièrent d’autres territoires comme LCD Soundsystem ou Battles. Et il y a ceux qui donnent l’impression d’être parfaitement présent, presque neuf ou intemporel -délicat à dire- tout en cultivant de très nombreuses filiations. Ce Drum’s Not Dead fait partie des ces disques touchés par cette grâce. Grâce qui se confirme dans le dernier morceau : The Other Side of Mt. Heart Attack. Celui-ci pourrait très bien être diffusés sur toutes les Radios (c’est-à-dire seulement Nova en France…). Délicat, touchant, on a là une sorte de pop-song parfaite, une ballade superbe qui transfigure totalement la manière dont on pouvait percevoir les Liars. C’est la plus belle des conclusions pour ce que certains -peut-être le groupe ? je n’en sais rien- ont appelés de ce terme détestable qu’est« concept album ». Dans tous les cas, et à la différence de ces majestueux aînés, cet album s’écoute non stop, et cela fait bien deux ans que je l’absorbe régulièrement…


Pour leur dernier album, il y a quelque chose qui me surprend. Je n’ai pas forcément lu de nombreux articles dessus mais il y a une comparaison que je n’ai jamais croisée, même dans le très bon papier de Maxence Grugier que j’ai déjà cité. C’est le parallèle -peut-être trop facile ? Dans ce cas j’y sombre- entre The Other Side of Mt. Heart Attack et le premier morceau de ce nouveau disque : Plaster Casts of Everything. Dans le dernier morceau de Drum’s Not Dead ces paroles étaient répétées et répétées :

I won’t run far.
I can always be found.
If you need me,
I can always be found.
If you want me to stay, I will stay by your side.

Comme je l’ai dit, on avait là une sorte de pop-song mélancolique parfaite. Le dernier album, sobrement intitulé Liars, s’annonce plus virulent, plus rock. Et justement, le premier morceau est sinistre et sauvage. J’ai presque envie de le qualifier de Lynchien dans ce qu’il dégage. Etant toujours Berlinois, il rappelle qu’on est dans la ville des Beautiful Freaks mais aussi dans le pays de la musique indus, dans le pays d’adoption du Punk et de toutes les tendances du Métal (dont les pires..). Ce morceau est donc aux antipodes de The Other Side. Et ses paroles justement…

I wanna run away
I wanna bring you too

I wanna run away
I wanna bring you too




On passe ainsi d’une fuite, d’un renoncement sentimental même si ce n’est pas un abandon à un déplacement volontaire dans lequel on veut entraîner autrui. On passe de l’éther au magma. Tout devient ainsi furieux et le décrochage à 2m40 est tout bonnement génial, on a envie de se laisser emporter par ces slaves d’énergie pure… Je ne préfère même pas imaginer en concert… Surtout quand le morceau qui suit, Houseclouds, est groovy à souhait. Liars se montre ici, plus libéré avec un plaisir de jouer simplement, de produire des morceaux sans forcément chercher plus loin. Cela donne naissance à de très bonnes chansons comme Cycle Time et l’album se construit ainsi autour d’un mélange de psychédélisme (Pure Unevil) de Ballades étranges et de morceaux crées par des enfants démoniaques adeptes du combo guitare/batterie.

Bien entendu à la première écoute, j’ai été déçu. Après Drum’s not dead, je n’aurai pas pu être satisfait de toute façon. Mais Liars continue son chemin, continue de se réinventer autour de ses fondamentaux. Quant à moi, je continue d’avoir hâte.

On verra bien ce que donnera le cinquième album de ces Californiens/New-Yorkais/Berlinois.

25 nov. 2008

My Room, My Man.

Bon après mes trois semaines avec Vahide, je suis donc retourné dans mon ancien quartier, Friedrischshain pour loger « définitivement » au 76 Richard-Sorge Str. avec un Turc prénommé Engin qui est fort agréable même si on ne partage pas forcément énormément de choses.

Ma chambre fait 15m² et n’était pas meublée quand je suis arrivé. Autant dire qu’il a fallu trouver des solutions économiques et rapides.

J’ai profité de quelques sites d’occasions pour trouver un lit et un sofa à des prix attractifs, 70€ le lit et 20€ le sofa. J’ai du louer une voiture malheureusement pour les chercher, 60€ tout de même à rajouter donc le tout pour 140 150 € (l’essence…). Hormis une petite table Ikea je n’ai pas investis plus en mobiliers pour le moment car je ne roule pas foncièrement sur l’or et ce n’est pas une urgence, même si un petit tapis, une étagère, et une table seraient fort utiles.
Heureusement qu’Engin m’a aidé pour récupérer les meubles car sinon je n’aurai rien pu faire. Le lit est incroyablement grand, trop peut-être, autant dire que la première fois que je l’ai monté j’étais un peu dépité. Il me semblait moche, il était fragile et grand grand (1m80 de large). De plus le sofa, malgré une forme sympathique était vraiment horrible avec ses carreaux même si pour cela j’avais mon idée. Comme je n’ai pas l’habitude d’avoir des dépenses aussi importantes j’en venais presque à regretter ce qui me semblait une très bonne affaire sur le coup. Heureusement, le week end d’après venait ma mère, ma sœur, et mon beau-frère. Ils m’ont bien aidés, rideaux, draps, house de couette et réparation du lit, j’ai retrouvé le sourire vis-à-vis de cela, j’en suis même à profiter pleinement de la place dont je dispose pour dormir.

Si on rajoute les ampoules pour aller dans le lit (fufu), des objets de décorations qu’ils m’ont ramenés ou offerts (ainsi que Marie le week-end d’après) et une photo de 1945 de la porte de porte de Brandenbourg en cinq posters que j’ai acheté à la Berlinische Galerie, cela commence à ressembler à quelque chose.

J’avais vraiment besoin de meubles car en trois semaines j’ai déjà logé d’une nuit à 10 jours près de 4 personnes…sans que cela dérange mon colocataire…on peut dire qu’il est cool.

Du coup je commence à bien me sentir chez moi, j’apprécie d’avoir un point d’attache, un lieu que je peux décorer, rendre confortable et où je peux me reposer. Il faudrait aussi que je puisse y bosser, mais là syndrome « chez moi » rend la chose délicate…on verra avec un bureau.

Pour conclure: Avant, Après.

24 nov. 2008

21 novembre, l’hiver en avance.

Tout le monde m’avait prévenu, je m’y attendais, je n’ai donc pas été surpris. Il s’est mis à neiger un peu vendredi matin quand j'étais en cours d'allemand, puis pas mal durant les nuits de vendredi et de samedi. Et il commence à faire sacrément froid. Si je le savais donc, on ne peut pas dire que je me suis préparé. Il va falloir que je m’achète des gants de toute urgence, et que je retrouve quelques vêtements plus chauds car hier j’étais proche de la congélation quand je suis allé à me promener dans Penzlauer Berg pour profiter de ce manteau blanc.

En tout cas quand l’automne est arrivé j’avais peur de regretter l’été qui était superbe à Berlin. Mais cette ville en automne se transfigure totalement. Comme il y a des arbres partout tout devient orange, rouge, des milliers de feuilles mortes s’amoncèlent dans la rue sans qu’elles soient automatiquement retirées. C’était beau.

Du coup, j’ai commencé à me dire que je n’avais pas envie de voir l’hiver pointer le bout de son nez. Et voilà, encore une fois je suis tout chamboulé. Si techniquement ce n’est pas encore la « morte » saison, ces premiers flocons viennent me rassurer, ce sera une belle période et bien différente de la précédente. Vivement décembre ? Il faut croire.

Sinon quelques photos prises dimanche :
Vue nocturne et diurne de la fenêtre de ma chambre.
Le stade de Prenzlauer Berg, une deuxième fois, et autour autour en mode 2001 l'odyssée de l'enfance

Ma carte interactive (en travaux)